Bretagne: Le marché du porc reprend mais la crise perdure

AGRICULTURE La cotation de la viande a repris à Plérin en l’absence des deux principaux acheteurs, Bigard et la Cooperl…

Jérôme Gicquel

— 

Après plus d'une semaine sans cotation, le marché du porc breton a rouvert ce mardi à Plérin.
Après plus d'une semaine sans cotation, le marché du porc breton a rouvert ce mardi à Plérin. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Après huit jours de suspension, le marché du porc breton (MPB) a enfin repris ses droits ce mardi à Plérin dans les Côtes d’Armor. Attendues de pied ferme par les éleveurs, venus en nombre pour l’occasion, les premières ventes ont redémarré un peu après 12h avec près de 62.000 porcs mis sur le marché pour la journée.

Cinq questions pour tout comprendre à la crise du porc

A la table des acheteurs, deux chaises sont toutefois restées désespérément vides. Bigard et la Cooperl, les deux principaux acheteurs au marché du porc breton, ont en effet poursuivi leur boycott, toujours opposés au prix de la viande de porc, fixé à 1,40 euro le kilo. C’est d’ailleurs l’absence de ces deux industriels, qui représentent environ 30 % des achats au marché du proc breton, qui avait entraîné la suspension des cotations la semaine passée. Des représentants des deux groupes doivent être reçus ce mardi et mercredi par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture.

La tension persiste chez les éleveurs

Mais pour Daniel Picart, président du marché du porc breton, l’absence de Bigard et de la Cooperl à la reprise de la cotation est « une très grande faute ». « Ils ont un contrat écrit avec le marché sur les règles de fonctionnement mais aussi un contrat moral avec tous les éleveurs de la région. Ces contrats ne sont pas respectés et nous en tiendrons compte à l’avenir », s’insurge-t-il.

Du côté des éleveurs, on scrute à la loupe les prix proposés pour les premières ventes. « Cela devrait tourner autour de 1,40 euro. Ce prix n’est toujours pas suffisant mais le principal aujourd’hui, c’est que le marché reprenne. J’ai 200 porcs qui sont en attente. On ne peut pas les garder indéfiniment dans les porcheries. Cela représente un surcoût alimentaire et pendant ce temps, je n’ai aucune rentrée d’argent », indique Guy Corbel, éleveur à Trémeur dans les Côtes d’Armor.

Quelles solutions pour sortir la filière porcine de la crise ?

A la fin de la cotation vers 14h30, un nouveau prix de référence est finalement établi à 1,389 euro le kilo, inférieur au prix de 1,40 euro préconisé par le Gouvernement pour la filière. Un prix qui fait déjà craindre de nouvelles tensions. « Les éleveurs sont à cran et n’ont rien à perdre. Nous en avons marre d’être la variable d’ajustement des industriels et de la distribution », dénonce Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine, réclamant « des solutions pérennes pour sauver la filière ».