Bretagne: Sur les bords du canal, les maisons éclusières reprennent vie

PATRIMOINE La région lance un deuxième appel à projets pour occuper les demeures…

Camille Allain

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Catherine Saint-James dans l'un des boxes à chevaux transformé en gîte.
Catherine Saint-James dans l'un des boxes à chevaux transformé en gîte. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

C’est une jolie maison aux volets bleus, située à quelques mètres de l’écluse de la Petite Madeleine, sur la petite commune d’Hédé-Bazouges, au nord de Rennes. Une jolie maison dont les volets bleus sont restés fermés près de deux ans, au grand dam des nombreux promeneurs et plaisanciers qui passent là chaque jour.

Depuis un an, la lumière est revenue et une famille de cinq personnes a élu domicile au bord de l’eau. « C’est une vie très agréable. Ce n’est jamais triste car il y a sans cesse du monde à passer. On ne se sent pas isolés ».

Dormez dans un box à cheval

Depuis un an, Catherine Saint-James a élu domicile dans la maison éclusière de la Petite Madeleine. Si elle a aujourd’hui ce privilège, c’est que la Bretonne a répondu à l’appel à projets lancé par la Région Bretagne. Aujourd’hui en charge de l’entretien des canaux, le Conseil régional a voulu redonner vie aux maisons, abandonnées depuis la diminution progressive du nombre d’éclusiers. En échange d’un loyer modéré, les occupants s’engagent à animer les lieux toute l’année.

La maison éclusière de la Petite Madeleine à Hédé-Bazouges, au nord de Rennes. - C. Allain/APEI/20 Minutes

 

Catherine a donc lancé un hébergement inédit à bord de toues cabanées, sortes de péniches venues de la Loire. Depuis quelques semaines, elle propose également aux voyageurs de dormir dans d’anciens boxes à chevaux, transformés en petits gîtes atypiques. « Il y a toujours du monde à se promener. Beaucoup de gens à pied, mais surtout énormément de cyclistes. Les gens s’arrêtent, discutent, s’informent. On a même vu des gens rentrer dans la maison, pensant que c’était un café », explique Catherine.

« On se dit tous les jours que l’on va partir »

Sur place, des liens d’amitiés se sont alors créés, comme avec Lucie. Cette Anglaise à la retraite vit aujourd’hui à bord de son bateau, amarré de l’autre côté de l’écluse. « On se dit tous les jours que l’on va partir. Mais au final on est toujours là », commente la Britannique, venue profiter du WiFi proposé à côté de la maison.

Lors du premier appel à projets, 17 des 23 maisons éclusières proposées avaient trouvé preneur. C’est autant de lieux de vie créés au bord des canaux, qui sont aujourd’hui de plus en plus fréquentés tout au long de l’année. Fort de ce succès, le Conseil régional a décidé de lancer un second appel à projets.

Les 22 maisons concernées accueilleront cette fois-ci des projets « ayant un fort lien avec la navigabilité ». Objectif pour la Région : « Assurer le développement touristique de la Bretagne et de ses voies d’eau ». A voir le monde qui fréquente les canaux, on se dit que le succès est en bonne voie.