Bretagne: Combien vont coûter les dégradations des éleveurs ?

AGRICULTURE De nombreuses infrastructures ont été endommagées lors des manifestations…

Camille Allain
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Des pneus brûlés par des éleveurs en colère entre Morlaix et Brest, le 22 juillet 2015
Des pneus brûlés par des éleveurs en colère entre Morlaix et Brest, le 22 juillet 2015 — FRED TANNEAU AFP

« Je ne sais pas combien ça va coûter. Je ne préfère pas y penser ». Dépité, ce directeur de supermarché breton va bientôt porter plainte. Son magasin a été sévèrement touché lors du passage des éleveurs et il lui faudra probablement attendre des mois avant d’être indemnisé par ses assureurs.

« Je préfère voir les mecs dans la rue que pendus dans leur ferme »

S’il n’y a pas eu de véritable casse lors des différents mouvements de colère, les actions menées ici et là ont tout de même dégradé les infrastructures. Dans le Finistère, où de nombreux feux ont été allumés, la Direction des routes estime les dégâts à au moins 500.000 euros selon Le Télégramme.

En Bretagne, il est difficile pour l’heure de faire une évaluation globale des dégradations. « Il est trop tôt pour le dire », souffle-t-on du côté des services de l’Etat. Ouest-France évoque également « une dizaine de plaintes » déposées dans le Morbihan, département le moins touché de la région.

« En prison, on s’occupera sûrement mieux d’eux »

Jeudi, le préfet de région a en tout cas tapé du poing sur la table, en prévenant qu’il avait demandé aux préfets des départements de ne plus tolérer aucun barrage routier. « Nous ne pouvons plus accepter les méthodes employées qui empêchent les gens de circuler. On a vu des poids lourds interceptés et des chauffeurs se faire molester. Ça ne peut pas durer », a-t-il déclaré.

Le préfet a également fait savoir que 80 procédures judiciaires étaient ouvertes depuis « la nuit de la détresse ». Certains agriculteurs ont déjà été entendus. « Certains gars sont à bout. Ils n’ont rien à perdre. En prison, on s’occupera sûrement mieux d’eux », ironise le patron de la FRSEA Thierry Coué.