Crise des éleveurs: «Je préfère voir les mecs dans la rue que pendus dans leur ferme», lance la FRSEA

AGRICULTURE Les syndicats agricoles préviennent que les actions risquent de reprendre…

Camille Allain
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Des agriculteurs bloquent l'autoroute entre Quimper et Brest, le 21 juillet 2015.
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Des agriculteurs bloquent l'autoroute entre Quimper et Brest, le 21 juillet 2015. — FRED TANNEAU / AFP

Après une très chaude semaine, la tension est un peu retombée jeudi en Bretagne à l’issue de l’annonce des 24 mesures par le Gouvernement pour venir en aide aux éleveurs. La fin de la mobilisation des agriculteurs ? Pas vraiment à en croire les responsables des syndicats agricoles. « Ce n’est que du saupoudrage. On est sur des mesures provisoires et ce n’est pas à la hauteur de nos espérances. Il y a des gens à bout qui n’ont plus rien à perdre », prévient Jean-Paul Riault, éleveur à Guipry (Ille-et-Vilaine) et président des Jeunes Agriculteurs de Bretagne.

« C’est tout ce qu’on ne voulait pas »

Malgré le message de fermeté lancé par le préfet, les responsables des syndicats agricoles s’attendent à voir de nouvelles actions. « Je préfère que les gens soient dans la rue que pendus dans leur ferme (en référence au nombre élevé de suicides dans la profession). Ces annonces, c’est tout ce qu’on ne voulait pas. On veut des prix, pouvoir vivre de notre activité. Certains sont au bout du rouleau, ils ne vont pas rentrer chez eux », lance Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne.

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— PBN (@heoltom) 23 Juillet 2015

Alors que les appels aux rassemblements se multiplient pour vendredi, les syndicats réfutent toute envie de sombrer dans la violence. « Il y a de la rancœur, du désarroi et ce sont les agriculteurs qui sont maîtres de leurs actions. Nous, nous sommes pour les encadrer, pour éviter qu’il y ait des drames, que les gens à bout n’aillent trop loin », détaille le responsable des JA, visiblement marqué par la semaine de conflit.

Garder le soutien de la population

Les éleveurs espèrent également garder le soutien de la population. « Nous n’avons rien contre les vacanciers, les salariés de la grande distribution ou les transporteurs. On est désolés de les bloquer comme ça, mais on n’a pas d’autre choix. Le principe du toujours moins cher est en train de nous tuer », affirme Thierry Coué.

Après une journée de calme relatif, les actions pourraient reprendre en nombre vendredi en Bretagne. Les axes routiers et les enseignes de la grande distribution pourraient être ciblés.