La Bretagne, première victime du soleil

SANTE La région est celle qui présente le plus de cas de cancers de la peau...

Camille Allain

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Un homme bronze sur une plage de Dinard, en Ille-et-Vilaine.
Un homme bronze sur une plage de Dinard, en Ille-et-Vilaine. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

On raille souvent la péninsule bretonne et sa météo capricieuse. Mais les blagues sur le climat local ne doivent pas éclipser une triste réalité. La Bretagne est la région de France la plus touchée par les cancers de la peau, dont le plus grave est le mélanome. 

Dans des données datant de 2005, l’Agence régionale de santé faisait état de 497 nouveaux cas annuels de mélanome estimés en Bretagne, dont 58% chez les femmes. Entre 2005 et 2007, la maladie avait provoqué  107 décès dans la région. La situation ne s’est pas améliorée depuis, avec une incidence qui double en 10 ans.

La peau celtique, un peu trop blanche

Pour tenter d’alerter la population, la Ligue contre le cancer plante régulièrement sa tente sur les plages bretonnes. Ce sera par exemple le cas mercredi à Saint-Malo. « Il faut sensibiliser les gens, notamment les familles, aux dangers du soleil », justifie Jean-François Tourtelier, président de la Ligue contre le cancer d’Ille-et-Vilaine. Car si le soleil se fait parfois plus discret dans l’ouest, il n’est pas moins dangereux. « En Bretagne, on s’expose parfois sans s’en rendre compte. Avec le vent ou les nuages, le ressenti est moins important ». Mais pas moins dangereux.

La Ligue contre le cancer mène des opérations de prévention, comme ici à Saint-Malo. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

 

Mais la météo n’est pas la seule responsable de la forte proportion de mélanomes dans la région. La génétique y est également pour quelque chose. « En Bretagne, la population est principalement d’origine celtique, comme les Britanniques. La peau est plus claire et donc plus fragile, notamment chez les plus jeunes. Il y a un lien établi entre les expositions au soleil durant la petite enfance et le mélanome », explique Marie-Dominique Galibert, professeur à l’université Rennes 1 et praticien hospitalier au CHU. D’autant que ce cancer peut toucher des populations jeunes. Des hommes et des femmes de 30 à 35 ans peuvent ainsi succomber d’un mélanome.

Protégez surtout les enfants

Mais alors comment faire pour se protéger? D’abord en évitant de s’exposer aux heures où les rayons du soleil sont les plus durs, soit entre 11h et 16h. Mais aussi en se protégeant bien. Mettre de la crème solaire ne permet pas de lézarder pendant des heures. Pour les enfants, privilégiez un t-shirt et un short. Et surtout préparez-vous. Le paradoxe de la peau, c’est qu’elle doit être pigmentée pour être protégée. Mais pour la pigmenter, il faut bien l’exposer. « La peau doit s’habituer doucement au soleil. Il faut s’exposer par petite durée en début ou en fin de journée », conseille le professeur Galibert.

Veillez également à consulter un dermatologue, qui pourra vous examiner. Une journée de dépistage est proposée au printemps chaque année. Pris à temps, le mélanome est généralement facile à traiter. Le mélanome est un cancer envahissant et une fois implanté, il a tendance à se développer en laissant échapper des cellules, qui colonisent d’autres sites. A ce stade il est mortel.