Rennes: Les gamins de Villejean nient le trafic de stupéfiants

JUSTICE Sept personnes sont jugées ce mercredi après le gros coup de filet effectué fin mai...

C.A.
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Plus de trois kilos de cannabis avaient été saisis le 26 mai 2015.
Plus de trois kilos de cannabis avaient été saisis le 26 mai 2015. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Un mois après l'impressionnant coup de filet anti-stups mené dans le quartier de Villejean, sept trafiquants présumés étaient jugés en comparution immédiate mercredi. Lors de cette opération policière, trois kilos de cannabis, 500 grammes de cocaïne, un peu d’héroïne, des dizaines de téléphones et 22.000 euros en liquide avaient été saisis à Rennes, au Rheu et à Vannes. Placés en détention provisoire, les sept hommes étaient convoqués devant le tribunal correctionnel de Rennes ce mercredi. Tous ont tous nié leur implication dans ce trafic de stupéfiants.

« J’avais une otite »

Difficile pourtant de contredire toutes les évidences. Des plaquettes entières et des sommes allant jusqu’à 3.000 euros ont été saisies chez les trafiquants présumés, dont la plupart, nés en 95, vivent encore chez leurs parents. « C’est ma consommation personnelle. Je fume beaucoup », explique l’aîné, chez qui on a retrouvé 600 grammes de cannabis.



Face aux questions de la présidente du tribunal, les prévenus ont rivalisé d’originalité pour répondre aux accusations portées. « Je suis très économiste », répond l’un des jeunes qui louait régulièrement des voitures avec un salaire d’animateur de 400 euros par mois. Lors de certaines réponses, les prévenus ont même provoqué quelques rires de la part de leurs amis assis dans la salle d’audience. « J’avais une otite ce jour-là », dit-il pour expliquer sa conversation enregistrée au téléphone où il disait « ne parle pas trop ». D’autres expliqueront gagner de l’argent en effectuant des paris sportifs.

Les avocats veulent faire annuler le procès 

Seul l’un d’entre eux a reconnu faire l’intermédiaire pour fournir des mineurs, forcés de vendre sur la dalle toute la journée. Il nie cependant avoir fait pression sur ces jeunes, expliquant qu'il est lui aussi «le petit de quelqu'un».

Le long travail d'enquête mené par les policiers pourrait cependant être sérieusement mis à mal par la défense. Les sept avocats ont en effet contesté la manière dont les interpellations s'étaient déroulées le 26 mai, critiquant l'ordre de comparution délivré par le procureur pour procéder aux perquisitions et dénonçant l'effet médiatique. Les sept prévenus étaient toujours entendus à l’heure où nous écrivions ces lignes.