ASSE: «J'étais intéressé par un retour au Stade Rennais», reconnaît Fabien Lemoine

INTERVIEW De passage dans son département de naissance, le milieu des Verts a évoqué un serpent de mer...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

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Le joueur de Saint-Etienne, Fabien Lemoine, lors de la défaite face au PSG (0-1) en Coupe de la Ligue, le 13 janvier 2015.
Le joueur de Saint-Etienne, Fabien Lemoine, lors de la défaite face au PSG (0-1) en Coupe de la Ligue, le 13 janvier 2015. — P.DESMAZES/AFP

Parrain des stages « Fougères Football Academy », qui auront lieu dans sa ville natale du 20 juillet au 7 août, Fabien Lemoine aurait aimé « signer à vie (sic) » au Stade Rennais. Mais c’est à Saint-Etienne que le milieu de terrain bretillien (28 ans) s’est épanoui…

Auriez-vous aimé participer à ce genre de stage à l’adolescence ?

Oui, forcément, parce que ce sont des semaines complètes. Sur un jour, on n’a pas le temps de s’adapter. Là, les enfants vont venir la journée et retourner chez eux le soir. Ils vont enchaîner les entraînements, à raison de deux par jour. Il s’agira de semaines-types de centre de formation. C’est facile pour les gens de dire, à propos des professionnels : « Vous gagnez bien votre vie à taper dans un ballon, vous ne faites que ça, etc. », mais il ne faut pas oublier qu’avant, quand eux faisaient la fête tous les week-ends, nous, les apprentis footballeurs, on ne la faisait pas ! Il y a un rythme à suivre, et certains explosent en plein vol, car dans la tête, c’est compliqué…

Cela vous donne-t-il déjà des idées de reconversion ?

Dans un premier temps, j’aimerai vraiment sortir du monde du foot. Entraîner au haut niveau, que ce soit en Ligue 1, Ligue 2, National, voire CFA, ça, je ne veux pas. C’est sûr et certain, même adjoint, je ne veux pas. J’aimerai carrément sortir du sport, et essayer de voir comment on travaille ailleurs. Certes, je n’ai aucun diplôme, mais j’ai cette curiosité de connaître d’autres milieux.

Dans votre département d’origine ?

Ça, c’est sûr. Ce ne sera pas Fougères, mais Rennes. C’est là que j’ai commencé à vivre seul, à l’âge de 18 ans. La ville est dynamique, ce qui est plutôt appréciable, mais j’habiterai aux alentours, car j’aime bien aussi la verdure. C’est vraiment la ville qui m’a le plus plu, où je me sens le plus à l’aise.

« Le Stade Rennais n'était pas dans l'optique de mettre le paquet pour moi »

Vous avez prolongé à l’ASSE jusqu’en 2018. Vous aurez alors 31 ans, ce qui laisse de l’espoir aux nombreux supporters rouge et noir qui souhaitent votre retour au Stade Rennais…

Il y a eu des choses en ce sens, l’été dernier, qui ne se sont pas concrétisées. « Sainté » n’était pas vendeur, et quand un club n’est pas vendeur, il faut forcément mettre le paquet derrière. Rennes n’était pas dans cette optique-là. Je le comprends, car à un moment, tu ne vas pas surpayer pour avoir un joueur. Après, j’ai de très bons rapports avec la direction, donc ce n’est peut-être que partie remise… ou pas. Si j’étais intéressé l’an dernier ? Oui, même si on jouait l’Europe avec Sainté. Je me suis dit : « Le train passe une fois, passera-t-il deux fois ? Il faut peut-être le saisir maintenant… » Mais pour la raison avancée précédemment, on savait très bien que ça n’allait pas se faire.

On a l’impression que la cicatrice liée à votre départ, en 2011, ne s’est jamais refermée…

Maintenant, si. J’ai vécu des choses que je n’aurais jamais vécues en restant au Stade Rennais. Je suis dans un club exceptionnel, avec un stade et un public énormes. La passion et la ferveur qu’il y a à Saint-Etienne, c’est une grosse différence avec Rennes. Ma carrière a pris de l’ampleur, donc partir a été un gros plus, à la fois personnellement, à tous les niveaux, et collectivement.

La « colonie rennaise » (Lemoine, Erding, Théophile-Catherine) s’est agrandie à Saint-Etienne, avec l’arrivée de Vincent Pajot. Un concurrent pour vous au milieu de terrain…

La concurrence est là tout le temps, tous les ans. Si le coach [Christophe Galtier] et d’autres joueurs ont également prolongé, c’est parce que le club a envie de passer un cap. Avec la hausse des droits TV en 2016, on n’aura plus notre déficit annuel actuel. On ne sera donc plus obligés de vendre, et on aura des moyens supplémentaires pour recruter. Le club est ambitieux, et plus ça va aller, plus la concurrence sera rude. Il y a deux ans, on était trois pour deux postes au milieu avec Clément et Guilavogui. C’était quand même du lourd, mais j’ai toujours réussi à tirer mon épingle du jeu.

« Je ne suis pas sûr que Rennes puisse payer son salaire, mais sportivement parlant, Yoann Gourcuff est juste trop fort »

L’attaquant rennais Philipp Hosiner a subi cette saison une ablation rénale, comme vous en 2010. Avez-vous été en contact avec le joueur ?

J’ai dit à Romain Danzé qu’Hosiner pouvait m’appeler s’il avait besoin de parler. Mais c’était compliqué car, lui étant Autrichien, il parle allemand et très peu français. Au pire, sa copine et ma femme auraient pu communiquer en anglais, langue que je ne maîtrise pas. Du coup, il était d’accord, mais finalement, il ne m’a pas contacté. En tout cas, il est revenu plus vite que moi à la compétition.

Le supporter du SRFC que vous êtes, est-il pour ou contre un retour de Yoann Gourcuff à Rennes ?

Je ne suis pas sûr qu’ils puissent payer son salaire, mais sportivement parlant, il est juste trop fort. Il ne joue pas tout le temps, mais avec Lyon, je ne l’ai jamais vu passer à côté d’un match. Si on ne parle que de ses qualités de footballeur, c’est phénoménal.