Ille-et-Vilaine: Le corps de Suzanne, pendue après la guerre, reste introuvable

HISTOIRE Un descendant de cette habitante de Monterfil espérait lui offrir une sépulture…

C.A. avec AFP

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Francois Lesourd, petit-fils de Suzanne Lesourd, pendue à la Libération, n'a pas retrouvé le corps.
Francois Lesourd, petit-fils de Suzanne Lesourd, pendue à la Libération, n'a pas retrouvé le corps. — Jean-Sébastien Evrard

« Je suis un peu déçu de ne rien avoir trouvé mais en même temps on est soulagés. C’est bien d’avoir été au bout du bout ». Perdu au milieu du petit bois situé à la sortie de Monterfil, à l’Ouest de Rennes, François Lesourd n’aura pas retrouvé le corps de sa grand-mère. Suzanne Lesourd, habitante de cette petite commune d’Ille-et-Vilaine, avait été pendue à la Libération, en compagnie de deux autres femmes.

Pendues et achevées par des résistants

Soupçonnées d’être employées dans les cuisines d’un camp allemand situé à proximité, elles avaient été torturées, pendues puis dépendues et achevées à coups de pelle par des résistants de la dernière heure. Leurs bourreaux ont été poursuivis plusieurs années après mais jamais condamnés du fait de la loi d’amnistie de 1951.

« Ce bois est un endroit reposant »

Lorsqu’il avait appris que sa grand-mère reposait dans ce bois sans sépulture décente, François Lesourd avait entrepris des démarches pour tenter de localiser le corps. Lundi, il a fait appel à une pelle mécanique qui a œuvré une bonne heure, sans trouver trace de la défunte. Peut-être ses ossements ont-ils été emmenés lorsque les corps de Marie et Germaine Guillard ont été exhumés en 1950. « Ce bois est un endroit reposant. Si ma grand-mère y repose encore quelque part, qu’elle y reste à jamais dans le repos et la tranquillité », a-t-il confié à Ouest-France.

François Lesourd espère maintenant voir une plaque commémorative posée au monument aux morts de Monterfil, à côté des noms des victimes de la guerre. « Ce qu’on veut surtout, c’est qu’elles ne soient pas oubliées ».