La voiture solaire bretonne Heol veut parcourir le monde

INITIATIVE Le prototype fonctionne avec des cellules photovoltaïques et des batteries…

Camille Allain

— 

La voiture Heol lors de la course à Abu Dhabi en 2014.
La voiture Heol lors de la course à Abu Dhabi en 2014. — Ecosolar Breizh

Dimanche après-midi, une curieuse voiture s’est invitée sur l’ancienne route de Redon à Bruz. Une voiture rectangulaire et entièrement plate, seulement coiffée d’un hublot et habillée de cellules photovoltaïques et bien silencieuse. Ce prototype unique baptisé Heol a été inventé en Bretagne par une bande d’amis passionnés par le défi du véhicule du futur et réunis au sein de l’association Eco Solar Breizh.

Jusqu'à 100 km/h en pointe

Dimanche, ils étaient une poignée à Bruz pour tester leur bolide capable d’atteindre les 100 km/h. « On prépare notre course au Maroc en septembre. On essaie différentes combinaisons pour voir à quelle vitesse il vaut mieux rouler pour épargner les batteries », explique François Léon, ingénieur à la retraite aujourd’hui très investi dans le projet. Cette course au Maroc, ils l’avaient bouclée avec brio l’an passé en terminant à la deuxième place. « Ça nous avait permis d’être qualifiés pour l’épreuve d’Abu Dhabi. C’est là-bas qu’étaient les meilleurs mondiaux. Aux Etats-Unis ou au Japon, ça fait 20 ans qu’ils travaillent sur la voiture solaire », poursuit celui que l’on surnomme Fanch.

La voiture solaire Heol dimanche lors de tests menés à Bruz, près de Rennes. - C. Allain/APEI/20 Minutes

 

Face aux meilleurs mondiaux, Heol avait souffert et connu quelques problèmes techniques lors de sa traversée de 1.200 kilomètres dans le désert. « On ne peut pas rivaliser. Tous ont des budgets annuels à plus d’un million d’euros. Nous, notre association tourne avec 5.000 euros ». Eco Solar Breizh travaille donc en partenariat avec quelques entreprises spécialisées, fait appel au financement participatif mais embauche surtout des étudiants pour les parties mécaniques, électroniques ou sur la conception des matériaux composites pour mettre au point son véhicule solaire, estimé à 150.000 euros.

Dimanche à Bruz, Heol aura encore posé quelques problèmes à ses concepteurs. Ce qui n’empêche pas François Léon de voir plus loin. « Ce que l’on veut maintenant, c’est trouver un partenariat pour réaliser une voiture qui ressemble plus à celle de monsieur tout le monde. Quelque chose qui soit fiable, sécurisé et confortable ». Loin des grands centres de recherche des marques automobiles, le véhicule du futur est peut-être en train d’être inventé.