Bretagne: La marque Kanabeach met le cap au sud pour sa seconde vie

MODE Liquidée en 2013, la marque de surfwear du Finistère renaît grâce à un ancien de la maison…

Camille Allain

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Jeff Plathier, entouré  par Olivier Mauroux et Ludovic Lopez,deux des quatre compères qui ont relancé Kanabeach.
Jeff Plathier, entouré par Olivier Mauroux et Ludovic Lopez,deux des quatre compères qui ont relancé Kanabeach. — Kanabeach

En 2013, Kanabeach avait tout perdu. Liquidée par le tribunal de commerce de Brest le 1er mars, la marque finistérienne voyait son fondateur Fred Alegoët s’éteindre quelques semaines plus tard à 51 ans, des suites d’une maladie. Une série noire, quelques années après avoir connu la gloire, amassant 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et employant 150 salariés sur le site de Locmaria-Plouzané.

Deux ans après la liquidation, Kanabeach s’apprête à reprendre vie. Ancien distributeur de la marque en Amérique du Nord, Jean-François Plathier, alias Jeff, a décidé de relancer les machines pour faire revivre la marque finistérienne, depuis… Bidart, dans le pays basque. « Je le fais pour l’amour de la marque et pour les consommateurs. L’originalité a toujours attiré les clients. Et quand on voit le nombre de commandes que l’on a déjà, je me dis que c’était attendu », explique ce gaillard originaire de Brest. « All different but all together », disait le slogan de la marque.

Le site de Kanabeach a même adopté l’extension. bzh - Capture d’écran kanabeach.com

 

Sur les réseaux sociaux, les internautes sont nombreux à applaudir ce retour. Mais s’interrogent sur « l’abandon de la Bretagne ». « J’aurais bien aimé m’y installer. Mais ça fait trop loin de nos manufacturiers qui sont au Portugal et en Espagne », poursuit le nouveau patron de la marque.

Avant de se lancer, Jeff a également sollicité quelques anciens de la maison Kana. Sans succès. « Il y avait une certaine amertume après la liquidation. Mais je n’en suis pas responsable. Aujourd’hui, c’est le retour de Kanabeach, comme un numéro 2. Fred restera pour toujours le fondateur mais rien ne sera jamais plus comme avant », poursuit Jeff.

 

Epaulé par quatre compères, dont le fondateur de la marque de vêtements 64, Jeff Plathier a décidé de réduire la voilure en proposant des collections moins importantes mais renouvelées plus souvent, et soumises à l’appréciation des consommateurs. Surtout, la marque finistérienne laisse tomber l’idée d’ouvrir des boutiques à travers tout le pays, ce qui avait participé à sa chute en 2008. « On ouvre une boutique à Bidart fin juin et probablement une à Brest à l’automne, mais on n’ira pas au-dessus de 20 magasins. On va plutôt partir à l’export ».

La marque prévoit également de conserver sa fibre glisse et produira quelques planches de surf, de skateboard et des combinaisons en néoprène d’ici 2016. Kanabeach n’est pas mort.