Tour de France: «Animer chez moi, sur la plus grande course du monde, c'est particulier», avoue le speaker Damien Martin

INTERVIEW Le successeur du célèbre Daniel Mangeas commentera les arrivées de la prochaine Grande Boucle...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

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Damien Martin avec Nelson Montfort, lors des championnats d'Europe d'athlétisme à Barcelone, en 2010.
Damien Martin avec Nelson Montfort, lors des championnats d'Europe d'athlétisme à Barcelone, en 2010. — D. Martin

Nouvelle voix du Tour de France, le Janzéen Damien Martin prendra le micro à partir de dimanche sur le Critérium du Dauphiné (7-14 juin). Une préparation idéale avant la Grande Boucle…

Il y a un an, le remplaçant de Daniel Mangeas n’était pas encore connu. De tous les prétendants, qu’est-ce qui a fait pencher la balance en votre faveur ?

L’année dernière, à la même époque, cela faisait six mois que les « tests » avaient commencé. J’avais fait le Tour de Picardie en mai 2014. Ensuite, j’ai fait quelques étapes sur le Tour de France. En 2015, on n’était plus que quatre, pour deux places. On s’est retrouvés sans Daniel, sur toutes les courses. Que ce soit Paris-Nice ou Paris-Roubaix, sur lesquelles j’étais avant d’être retenu pour le Tour. Amaury Sport Organisation (ASO) voulait voir si on avait le potentiel pour « tenir la baraque » en solo.

« J'avais vraiment envie d'être sur le Tour dès 2015, même si je n'ai que 24 ans »

Vous avez non seulement « décroché » le Tour, mais également les grandes classiques du printemps…

ASO veut quand même s’appuyer sur plusieurs têtes. Je serai donc aux arrivées du Tour de France cette année, mais on sera quatre en tout. Il y aura un speaker [Nicolas Loth] au départ de chaque étape, et un autre à l’arrivée, qui assureront la partie « vélo ». Nicolas et moi serons accompagnés d’animateurs [Marc Chavet et François Belay], qui s’occuperont plus de la partie « public, caravane, partenaires, etc. ». On tournera sur l’ensemble des courses, c’est-à-dire que je ne suis pas certain de couvrir plus tard toutes les épreuves.

A moins d’un mois, désormais, du départ d’Utrecht, la pression monte-t-elle ?

Pour l’instant, je pense vraiment au Dauphiné qui arrive. Après, c’est plus de l’excitation que du stress. Le parcours du Tour 2015 me plaît énormément, donc j’avais vraiment envie d’y être dès cette année, même si je n’ai que 24 ans.

Pour le Bretillien que vous êtes, les trois étapes programmées en Bretagne doivent représenter beaucoup de choses…

C’est sûr, notamment celle qui partira de Rennes. Et puis, je vais pouvoir commenter les arrivées d’étape à Fougères, où j’ai l’habitude d’aller tous les ans pour un autre événement, mais aussi à Mûr-de-Bretagne et Plumelec. Ça va vraiment être mon public. Quelque part, c’est une première boucle qui est bouclée. Animer « chez moi », sur la plus grande course du monde, c’est particulier.

« Il faut être patient avec les jeunes coureurs français, mais on est encore en droit de rêver à un podium cette année »

Daniel Mangeas, qui commente toujours les grandes courses françaises « hors ASO », sera-t-il présent sur l’épreuve ?

Comme il n’a jamais eu l’occasion de prendre des vacances en juillet, il me semble qu’il ne sera pas sur le Tour cette année. Il a prévu de faire un petit coucou en 2016, sachant que ça partira de chez lui, dans la Manche. En tout cas, ce fut très enrichissant de participer à sa dernière saison avec ASO. Ils nous ont permis de commencer dans la roue de Daniel (sic). C’était important d’être avec lui avant de prendre sa succession.

Trente ans après la dernière victoire de Bernard Hinault, un Français peut-il enfin remporter le Tour de France ?

Ça avait été « l’année des Français » en 2014, puisqu’on en a quand même eu deux sur le podium final [Jean-Christophe Péraud 2e, Thibaut Pinot 3e]. Cette fois, ça va être plus compliqué, car on aura un match à quatre pour la victoire, entre Contador, Quintana, Froome et Nibali. Les Français progressent, on a la « génération 1990 » avec Pinot, Bardet [6e en 2014]… Il faut être patient avec eux, mais on est encore en droit de rêver à un podium cette année.