Outreau: L'acquittement requis pour Daniel Legrand

JUSTICE Acquitté en 2005, le fils Legrand est jugé devant la cour d'assises des mineurs d'Ille-et-Vilaine...

Camille Allain

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Daniel Legrand avec l'un de ses avocats Me Hugues Vigier.
Daniel Legrand avec l'un de ses avocats Me Hugues Vigier. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

L’acte 3 du procès d’Outreau touche presque à sa fin. Après près de trois semaines de débats, d’auditions de témoins et d’experts, la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine rendra sa décision vendredi à Rennes concernant la culpabilité ou non de Daniel Legrand fils. Acquitté en 2005 après le fiasco d’Outreau, le natif de Boulogne est jugé pour des faits de viols et d’agressions sexuelles qu’il aurait commis lorsqu’il était mineur sur les enfants du couple Delay-Badaoui.

Ce jeudi après-midi, c’est sans surprise que l’avocat général Stéphane Cantero a demandé l’acquittement de Daniel Legrand. « Pourquoi les enfants Delay l’accusent-ils aujourd’hui ? Ils ne mentent pas, ils se trompent. Ils ont de faux souvenirs. Ce sont des souvenirs reconstruits après le traumatisme des faits et de la procédure », a-t-il indiqué lors de son réquisitoire. « Il est temps que Daniel Legrand retrouve sa vie, sa famille. Je souhaite vraiment monsieur Legrand que vous vous en sortiez un jour de tout cela », a-t-il poursuivi, en se tournant vers l’accusé.

Les acquittés d’Outreau prennent la défense de Daniel Legrand

A plusieurs reprises déjà, l’avocat général avait part de ses doutes sur le dossier et critiqué les erreurs commises lors de l’instruction. Le président de la cour Philippe Dary, ancien juge d’instruction, en avait fait de même, taclant sans le nommer le travail du juge Burgaud.

Les avocats des parties civiles ont bien tenté de demander aux jurés « d’entendre la parole des enfants ». Mais les vagues souvenirs des trois fils Delay semblent bien maigres pour prononcer une quelconque condamnation, d’autant que jamais avant ce procès les victimes n’avaient accusé le fils Legrand. Les quatre condamnés ont également disculpé le prévenu, aujourd’hui âgé de 33 ans. Et tous les acquittés qui ont témoigné lui ont apporté leur soutien.

La cour rendra sa décision vendredi pour le probable dernier acte de ce fiasco judiciaire.