LNH. Cesson-Rennes: «Si les choses ne bougent pas, on sera morts !», prévient Stéphane Clémenceau

Interview Alors que le club bretillien est toujours confronté à un problème de salle, son vice-président attend beaucoup de la prochaine réunion avec les élus locaux...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

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Les Irréductibles (en bleu), lors de la « réception » de Saint-Raphaël au Liberté de Rennes, le 13 mai 2015.
Les Irréductibles (en bleu), lors de la « réception » de Saint-Raphaël au Liberté de Rennes, le 13 mai 2015. — P. Riou / Cesson-Rennes Métropole HB

Le Cesson-Rennes Métropole Handball se rend mercredi soir à Nantes (20 h 30), pour l’avant-dernière levée de LNH. Un voisin et ses nombreuses enceintes dédiées au sport qui font bien des envieux en Ille-et-Vilaine, à commencer par le vice-président des Irréductibles, Stéphane Clémenceau.

Ce derby sera le dernier avant les travaux au Palais des sports de Beaulieu…

Le président de Nantes me disait : « L’année prochaine, on sera dans la merde (sic), car on n’aura plus le "grand Beaulieu". On va récupérer une salle à Rezé, mais qui ne fait que 4.400 places ». Je lui ai répondu : « Ce n’est pas mal quand même (sourire) ».

Surtout comparé au Palais des sports de la Valette, à Cesson (1.500 sièges)…

Le grand écart entre les deux territoires est effectivement étonnant. D’un côté, il y a pléthore d’équipements, et de l’autre, il n’y a finalement pas grand-chose. A Rennes, on ne sent pas une réelle volonté de faire bouger les choses au niveau des installations.

« Si tu ne possèdes pas une grande salle, tu n’as plus ta place en LNH »

Le dialogue entre le club et la municipalité est-il au point mort ?

Disons qu’il n’y a pas beaucoup d’échanges… J’ai rendez-vous début juin avec les élus de Rennes Métropole. Je remettrai évidemment le sujet sur le tapis, mais le problème se pose ainsi : entre le moment où une décision peut être prise, et le moment où ça va se faire, nous, on sera morts ! Ou alors, il faudra continuer à jouer à Saint-Brieuc, Lorient ou au Mans…

David Christmann était parti en raison de ces conditions précaires…

Ça m’a coûté un coach, et, clairement, si les choses ne bougent pas, Yérime Sylla ne restera pas non plus. Le modèle économique de demain, en LNH, c’est une grande salle. Si tu n’en possèdes pas une, tu n’y as plus ta place. Aix, qui a la même salle que nous, a vu les travaux de son Arena démarrer [du moins, le projet est acté pour une livraison à l’été 2017]. Donc si on prend du retard, c’est fini. Ce n’est pas une fois descendus en D2 qu’il faudra se dire : « Ce serait peut-être bien qu’on fasse une salle ». Ça ne servirait plus à rien.

Concrètement, que demandez-vous à la Ville de Rennes ?

Ce dont j’ai vraiment envie, c’est qu’on se mette tous autour d’une table et qu’on se pose les bonnes questions. Si les élus nous disent : « Ce n’est pas à l’ordre du jour, parce qu’on n’en a pas les moyens » ou « parce qu’on n’en a pas envie », on respectera ce choix… mais on arrêtera. On veut être fixés, et, en attendant qu’un grand équipement voie le jour, être aidés pour aménager un bâtiment en cas de besoin.

« Quand tu vois qu’on fait 3.500 personnes pour Saint-Raphaël, la veille d’un week-end de quatre jours… »

En l’occurrence, l’un des halls du Parc Expo, que vous souhaitiez utiliser cette saison…

Pour cela, il aurait fallu que les tribunes soient prises en charge par les collectivités. Le coût par match s’élevait à 40.000 euros, alors que la Ville de Nantes en a mis près de 400.000 pour aménager le Hall XXL, afin d’établir le record de fréquentation dans le championnat de France.

L’engouement pour les matchs contre Saint-Raphaël et le PSG vous met-il du baume au cœur ?

Le PSG, c’était facile (sic). Si on avait pu faire 6.000 spectateurs, on en aurait fait 6.000. Mais quand tu vois qu’on joue Saint-Raphaël au Liberté un mercredi soir, la veille d’un week-end de quatre jours, et qu’on fait 3.500 personnes… Si là, on n’est pas convaincus du fait qu’il y a une demande… On va repartir pour un tour, mais si les choses ne bougent pas, ce sera le dernier.