Zyed et Bouna: Pour les familles des victimes, «les policiers sont intouchables»

JUSTICE Les deux policiers ont été relaxés lundi par le tribunal correctionnel de Rennes après la mort des deux adolescents en 2005...

J.G. et C.A.

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Les familles de Zyed et Bouna ont laissé éclater leur colère à l'issue de la décision du tribunal correctionnel de Rennes.
Les familles de Zyed et Bouna ont laissé éclater leur colère à l'issue de la décision du tribunal correctionnel de Rennes. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Ce lundi, le tribunal correctionnel de Rennes a relaxé les deux policiers, jugés après la mort de Zyed et Bouna dans un site EDF en 2005 à Clichy-sous-Bois. En suivant les réquisitions du ministère public, le tribunal a provoqué la colère des familles des victimes.

«Il n’y a pas de justice. Les policiers sont intouchables, ils sont au-dessus des lois», ont crié les proches des deux adolescents, morts électrocutés il y a dix ans. «Cette décision est incompréhensible. C'est encore une mauvaise nouvelle pour les quartiers. J’espère en tout cas que Zyed et Bouna ne sont pas morts pour rien» a réagi Samir Mihi, président de l’association Au-delà des mots, créée par les proches des victimes. 

«Un apartheid judiciaire»

Pour l'avocat des parties civiles Me Mignard, la décision «est choquante». L’avocat regrette que «pas une ligne de la thèse des parties civiles n’ait été reprise» et que le tribunal «n’a pas pris en compte leur argumentation».

Me Mignard a également expliqué qu’il ne souhaitait pas que s’installe «un apartheid judiciaire en France» en référence à l’apartheid social évoqué par Manuel Valls.

«Une victoire pour l’indépendance judiciaire»

De son côté, l’avocat des deux policiers Me Merchat a évoqué «la fin d’un long chemin de souffrance» pour ses clients. Il a également estimé que les deux fonctionnaires «n’avaient commis ni faute, ni délit. Ce n’est pas une victoire pour eux, c’est une victoire pour l’indépendance judiciaire», a déclaré Me Merchat.

La décision a également satisfait le représentant du syndicat policier Alliance, présent dans la salle. «On les a traînés dans la boue. Je suis soulagé que ça se termine. Nous nous associons à la douleur des familles mais une condamnation si elle n’est pas justifiée devient une injustice», a déclaré Loïc Lecouplier sur iTélé.