Rennes: Pendant quatre mois, Nicolas va tourner à la vodka

VOYAGE Le journaliste rennais part seul à la rencontre des habitants de l’ex-URSS…

Camille Allain
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Le journaliste rennais Nicolas Legendre (à droite) en 2011 au bord du lac Baïkal en Sibérie.
Le journaliste rennais Nicolas Legendre (à droite) en 2011 au bord du lac Baïkal en Sibérie. — Les Routes de la Vodka

Les journalistes sont très nombreux à s’être penchés sur la route de la Soie. Sans doute beaucoup moins à s’intéresser à la route de la vodka. C’est pourtant le chemin qu’a choisi d’emprunter le journaliste rennais Nicolas Legendre, grand amoureux des pays d’Europe de l’Est. Le rédacteur en chef du Mensuel de Rennes partira le 1er juin de Tbilissi en Géorgie, pour un périple de quatre mois qui l’emmènera jusqu’à Moscou. «Ça fait cinq ans que je voyage dans ces contrées de l’ex-URSS. Que l’on soit en Russie, en Asie Centrale ou dans le Caucase, j’ai remarqué qu’il y a une constante, c’est la consommation de vodka. Là-bas, c’est culturel. C’est bien plus qu’une boisson», explique Nicolas Legendre.

Née il ya cinq ans alors qu’il partageait une vodka avec un inconnu au bord du lac Baïkal en Sibérie, l’idée a alors germé d’écrire un récit de ce voyage à travers l’alcool fétiche de l’empire soviétique. «L’histoire de la vodka, c’est l’histoire de l’ex-URSS. Il y a beaucoup d’anecdotes à raconter. En Géorgie par exemple, ils en boivent beaucoup moins. C'est lié à leur culture du vin, mais c'est aussi un symptôme de leur détachement vis-à-vis de la Russie».

«Ce n’est pas du tout comme les Français avec le vin»

Pendant quatre mois, Nicolas va donc grimper à bord de bus ou de trains, et s’arrêter là où le mènera le chauffeur ou même son instinct. «Je ne veux pas faire une thèse historique sur le sujet. Je veux d’abord rencontrer des gens et voir quel rapport ils ont à la vodka». De la fierté peut-être? Pas vraiment. «Ce n’est pas du tout comme les Français avec le vin. Les Russes ont toujours du mal à se vendre et à vendre leurs produits. Il y a même une forme de honte chez certains, en raison des problèmes d’alcoolisme».

Le journaliste ne compte pas non sur l’ivresse pour délier les langues de populations pas toujours bavardes. «Ce n’est pas l’objectif premier. Je ne veux forcer personne», poursuit-il.

Une idée du périple de Nicolas Legendre, qui devrait durer quatre mois. - Les Routes de la Vodka

 

A quinze jours du départ, Nicolas avoue être parfois «un peu flippé». «Je sais ce que je pars chercher, mais je ne sais pas ce que je ramènerai. Avec la campagne sur Ulule, il y a des gens qui m’ont soutenu. Je n’ai pas envie de les décevoir». A l’issue de son voyage, l’aventurier espère publier un récit de son périple racontant l’histoire de la boisson locale à travers ses rencontres. Et pourquoi pas en tirer une expo-photo ou des conférences…