Rennes: Les prairies Saint-Martin, épine dans le pied de la majorité

POLEMIQUE Le projet de parc naturel urbain prévoit la démolition de plusieurs maisons au bord du canal…

Camille Allain

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Au total, quatorze maisons d'habitation seront évacuées aux prairies Saint-Martin à Rennes.
Au total, quatorze maisons d'habitation seront évacuées aux prairies Saint-Martin à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

«Ça fait près de 50 ans que j’habite aux prairies, et je ne compte pas en bouger. Ou alors il faudra un gros chèque». A voir la réaction de cette riveraine, on se dit que le projet de parc naturel urbain envisagé aux prairies Saint-Martin n’a pas fini de faire parler de lui. Lundi soir en conseil municipal, un collectif d’habitants est venu crier sa colère après l’annonce de la destruction envisagée de 14 habitations bordant le canal. Pour justifier son choix, la municipalité explique vouloir exclure les voitures du périmètre du parc urbain. Et donc évacuer les maisons «pour la cohérence du projet».

Une vue du projet de parc naturel urbain aux prairies Saint-Martin. - Agence Base

«J’ai calculé, on voit en moyenne une voiture par heure. Et on ferait évacuer des familles qui habitent là depuis plus de 50 ans pour ça? Et sans aucune concertation?», regrette Eric Cordier, secrétaire du comité de vigilance des riverains du canal Saint-Martin.

 

Lundi soir, voisins et élus d’opposition ont taclé la manière employée par la majorité pour annoncer la disparition des maisons. «Vous envoyez un courrier urgent deux jours avant de rencontrer les habitants séparément. Ce n’est pas une concertation, c’est une convocation», a vivement réagi Loïck Le Brun, membre du groupe Alternance 2020. Même les écologistes, membres de la majorité, ont taclé le manque de concertation.

Le coût du projet a doublé

Plusieurs fois annoncé, le projet de parc naturel urbain doit devenir «un lieu multi-usages où l'on pourra se promener, faire du sport, ou contempler la nature». On évoquait en 2012 «un central park» dont le chantier aurait débuté en 2014 et évalué à 10 millions d’euros. Trois ans plus tard, le calendrier est plus prudent. «La première phase des travaux devrait s’achever à l’horizon 2021 pour un coût global de 21,3 millions d’euros», précisait la majorité lors de la présentation du projet en avril.

Après la polémique sur l’expulsion des jardins familiaux, les prairies Saint-Martin continuent de poser problème à la municipalité. «Et nous n’allons pas lâcher», promettent les riverains.