Ligue 1: «Rennes serait vraiment le meilleur des compromis pour Yoann Gourcuff», pense Cyril Jeunechamp

Interview En marge de Stade Rennais-Bastia, l'ancien défenseur glisse un petit conseil à son ex-coéquipier en Rouge et Noir...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

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Cyril Jeunechamp et Yoann Gourcuff adversaires, quand le premier évoluait à Nice, le second à Bordeaux.
Cyril Jeunechamp et Yoann Gourcuff adversaires, quand le premier évoluait à Nice, le second à Bordeaux. — L. Cironneau / AP / Sipa

Retiré du foot professionnel depuis la résiliation de son contrat à Istres, l’ex-capitaine du Stade Rennais Cyril Jeunechamp (39 ans) évoque le match à venir des Rouge et Noir face à Bastia, samedi (20 h). Mais aussi la situation de son ancien partenaire sur les bords de la Vilaine, Yoann Gourcuff.

Comment jugez-vous le cru 2014-2015 du Stade Rennais ?

Dans l’ensemble, ils ont fait une bonne saison, en obtenant le maintien assez rapidement. Il fallait réussir l’amalgame entre les joueurs qui sont restés, et les nombreuses arrivées. On attend toujours Rennes, on se dit : «Ça va être leur saison», et au final, ça ne l’est pas. A chaque fois, on a un peu ce goût d’inachevé, mais je me répète : dans l’ensemble, je trouve quand même qu’ils réussissent une bonne saison.

Finalement, c’est toujours le même refrain avec Rennes : un club qui suscite beaucoup d’espoirs, pour «pas grand-chose» à l’arrivée…

A mon époque, on avait décroché l’Europe [le SRFC avait terminé deux fois 4e, en 2005 et 2007], et c’est vrai qu’après, ça a été plus difficile. Ils étaient partis sur une politique de jeunes, et là, depuis deux-trois ans, ils recrutent beaucoup de joueurs. Avec Philippe Montanier, je pense qu’ils vont réussir à stabiliser le club, et atteindre leurs objectifs.

Peut-on dire que cela s’était fini en queue de poisson entre le SRFC et vous-même ?

Non, on s’était quittés en bons termes. C’est toujours pareil : quand on joue moins, quand on n’entre pas trop dans les plans du coach [en l'occurrence Pierre Dréossi], on essaye de trouver du temps de jeu ailleurs. Ce qui a été mon cas [à Nice, puis Montpellier].

La rencontre entre Rennes et Bastia, où vous avez également évolué, est très attendue du fait des incidents du match aller, et en Coupe de la Ligue. Doit-on craindre d'autres «débordements», ce week-end ?

Tout ça est oublié. Les joueurs ne s’attardent pas sur ce qui s’est passé avant. A mon avis, il n’y a pas de sentiment de revanche ou quoi que ce soit chez les Rennais. Ils vont jouer ce match pour essayer de le gagner, mais sans rancune.

Entre 2003 et 2006, vous avez côtoyé un certain Yoann Gourcuff, dont on parle beaucoup en ce moment. Selon vous, un retour au Stade Rennais serait-il bénéfique, à la fois pour le joueur et le club ?

Ce serait un bon coup pour les deux parties. «Yo» a besoin de se sentir apprécié, aimé… comme pratiquement tous les joueurs, mais peut-être encore plus en ce qui le concerne. C’était déjà comme ça avant qu’il parte au Milan. Cette expérience-là a dû être enrichissante, mais en même temps dure pour lui. Quand des joueurs comme Maldini disent certains trucs, ça ne doit pas être facile quand on est jeune. Mais Yoann est un garçon intelligent, qui sait faire la part des choses. J’espère qu’il va rebondir, et je pense que Rennes serait vraiment le meilleur des compromis pour lui.

Davantage que les Girondins de Bordeaux ?

Il a connu ce club avec un maximum de réussite. Mais si ça ne fonctionne pas, ne va-t-on pas lui dire : «Quand tu étais là la première fois, ça a super bien marché, et pourquoi là, ça ne marche pas ?». Un club comme Rennes, où les ambitions sont différentes, où il y a moins de pression, pourrait lui permettre de mieux s’exprimer.