Bretagne: Des collectifs se créent pour soutenir les victimes de Triskalia

SOCIAL Plusieurs salariés de l’entreprise se battent pour faire reconnaître leur intoxication aux pesticides…

J.G. avec AFP

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La cour d'appel de Rennes a ordonné une nouvelle expertise médicale début avril dans cette affaire.
La cour d'appel de Rennes a ordonné une nouvelle expertise médicale début avril dans cette affaire. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Les anciens salariés de l’entreprise Nutréa de Plouisy dans les Côtes d’Armor viennent de recevoir le soutien de plusieurs collectifs qui se sont créés ces dernières semaines en Bretagne, notamment à Rennes, Redon et Morlaix. Réunissant des organisations politiques, syndicales ou environnementales, ces collectifs espèrent ainsi «casser le silence» autour du cas de ces salariés et amener les différents protagonistes, au premier rang desquels la toute puissante coopérative Triskalia, dont Nutréa est une filiale, à assumer leurs responsabilités.

Deux de ces anciens salariés de l'usine de Plouisy avaient obtenu, en septembre 2014, la reconnaissance par le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Saint-Brieuc de la «faute inexcusable» de la société de nutrition animale. Malgré cette décision, le marathon judiciaire de Stéphane Rouxel et Laurent Guillou et des autres salariés intoxiqués, au moins au nombre de six, se poursuit pour évaluer les préjudices subis et leur indemnisation.

Des salariés exposés au Dichlorvos, produit interdit depuis 2007

Début avril, la cour d'appel de Rennes a ordonné une nouvelle expertise et désigné un expert médical pour réévaluer le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) de deux d'entre eux, Claude Le Guyader et Pascal Brigant. Le 4 juin, le TASS de Saint-Brieuc doit à nouveau statuer, cette fois sur un recours déposé par la veuve d'un ex-salarié de Nutréa-Triskalia, lui aussi intoxiqué, pour faire reconnaître en accident du travail le suicide de son mari dans l'usine.

Dans son jugement, le TASS avait souligné que Nutréa «devait avoir conscience du danger auquel ses salariés étaient exposés et (n'avait) pas pris les mesures nécessaires pour les en préserver». Il évoquait les «symptômes graves» dont ils avaient été victimes en 2009 du fait de l'utilisation d'un produit neurotoxique interdit depuis 2007, le Dichlorvos, pour traiter des céréales destinées à la fabrication d'aliments pour bétail.