Rennes revoit l’animation de ses places fortes

URBANISME Les élus veulent profiter des travaux du métro pour élargir le centre-ville...

Camille Allain

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La place du Parlement avait pour habitude d'accueillir les écrans géants comme ici lors de la demi-finale de Coupe de France en 2012.
La place du Parlement avait pour habitude d'accueillir les écrans géants comme ici lors de la demi-finale de Coupe de France en 2012. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Sainte-Anne est dans la place, tout baigne. Les Lices sont dans la place, tout baigne. Le Parlement est dans la place, tout baigne. République est là aussi, tout baigne… Avec le retour des beaux jours, les places de la ville sont réinvesties par les habitants, qui veulent tous profiter d’une place au soleil.

Enfin certaines places, car d’autres, en grand chantier, ont un peu plus de mal à attirer les touristes. Avec l’arrivée des futures stations de métro, la ville a donc décidé de revoir l’usage de ces différents lieux de rendez-vous.

«Pour beaucoup, le mail François Mitterrand, c'est loin»

«On ne peut plus faire n’importe quoi place du Parlement, il y a des habitants autour», lâche d’emblée Sylvie Robert, adjointe en charge de la communication. Bien souvent vide, la place qui fait face au Parlement de Bretagne avait pris pour habitude d’accueillir les chapiteaux des festivals Mythos ou du Grand Soufflet.

Face aux nuisances, certains événements ont donc été déplacés. «Toutes les associations veulent venir place de la Mairie. Mais nous, nous avons la volonté d’élargir le centre-ville. Après, on ne peut pas le décréter comme ça. Il faut que les habitants s’approprient l’espace. Pour beaucoup, marcher de République au mail François Mitterrand, c’est loin. C’est à nous d’accompagner ce cheminement», poursuit l’élue.

Contrairement à Nancy et sa place Stanislas, Toulouse et le Capitole ou Lyon avec Bellecour, Rennes a la particularité de ne pas avoir de place centrale, mais une multitude de petits lieux. On va faire la fête à Sainte-Anne, faire son marché aux Lices, prendre le bus à République et on met rarement les pieds à Hoche.

Animer la place Hoche

«Hoche pour moi, c’est minéral. Elle n’est pas sur l’axe principal mais ça ne me dérange pas. Il y a des places qui sont plus festives que d’autres et tant mieux, car chacune a son identité», poursuit l’élue. N’empêche, la ville tente d’animer cet espace où séjournent désormais les bouquinistes et un manège. «Notre prochain défi, ce sera d’amener de la vie sur le mail François-Mitterrand, de créer de nouvelles habitudes», explique Sylvie Robert.

La place de la Mairie reste le lieu des grands rassemblements à Rennes comme ici après les attentats à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

 

Et les habitudes sont tenaces. Regardez l’esplanade de Gaulle. L’ancien Champ de mars a longtemps accueilli la foire, avant de servir de terrain d’exercice pour les manœuvres militaires. «On voit que les grands espaces sont restés. Beaucoup de gens nous ont dit qu’ils ne la considéraient pas comme une place. Aujourd’hui, elle n’est pas investie au quotidien, c’est le lieu des grands rassemblements», explique Claire Villeneuve.

Derrière chaque place, une histoire

La jeune femme a travaillé plusieurs mois sur l’ouvrage Rennes de place en place, sorti au mois de mars et coédité avec l’historien Nicolas Cartelet. «La place du Parlement a une histoire très riche, mais on y passe beaucoup moins aujourd’hui, parce que le tramway n’est plus là. A l’inverse, Sainte-Anne n’a pas eu le même rôle par le passé, mais aujourd’hui, c’est le point de rendez-vous. L’histoire a parfois un rôle mais ce sont les habitants qui choisissent leurs habitudes», poursuit l’auteure.

Reste à savoir ce que deviendront les chantiers actuels comme Saint-Germain, Sainte-Anne ou encore le parvis de la gare. «Il sera intéressant de voir ce que va changer l’arrivée des nouvelles stations de métro», avance Claire Villeneuve. Réponse dans cinq ans, au moins.