Rennes: La mairie revoit son projet de parc naturel aux prairies Saint-Martin

URBANISME Huit maisons devront être évacuées le long du canal pour laisser place à des berges aménagées…

Jérôme Gicquel

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Les berges du canal seront aménagées pour les piétons et les cyclistes.
Les berges du canal seront aménagées pour les piétons et les cyclistes. — Agence Base

Avant de devenir «le futur poumon vert de la ville», les prairies Saint-Martin vont se transformer en un vaste chantier ces prochains mois. Alors que les travaux d’aménagement du projet de parc naturel urbain doivent démarrer début 2016, la ville a changé ses plans initiaux en élargissant le périmètre de la déclaration d’utilité publique.

Le nouveau périmètre du futur parc naturel urbain des prairies. - Ville de Rennes

 

Conséquence, huit maisons situées le long du canal Saint-Martin, au nord du lieu d’exposition Le Bon Accueil, perdront leur usage d'habitation. «Il était impensable de laisser quelques maisons pour la cohérence du projet, à savoir faire des prairies un lieu naturel totalement préservé. Cela aurait créé des conflits d’usage entre les habitants et les usagers du parc», se justifie Sébastien Sémeril, adjoint en charge de l’urbanisme.

Des sols pollués par des hydrocarbures et des métaux lourds

Au total, ce sont donc 22 personnes qui devront être relogées, voire expropriées dans le pire des cas. «Des discussions sont déjà engagées mais nous ne sommes pas pressés. Nous ferons tout pour accompagner ces familles pendant la durée du projet en leur trouvant des solutions de relogement, même à proximité du site s’ils veulent rester dans le quartier», poursuit Sylvain Le Moal, délégué du quartier. Six autres maisons situées dans les prairies Saint-Martin devront également être évacuées, les propriétaires ayant déjà été avisés depuis quelques temps de la décision.

Quant au projet, dans les cartons depuis quelques années, il a également connu quelques évolutions, en raison notamment de la pollution des sols. «La terre est polluée par des hydrocarbures et des métaux lourds compte tenu de l’histoire des lieux. Durant les travaux, nous garderons au maximum ces terres sur le site, nous les protègerons et nous les utiliserons pour en faire un promontoire et des observatoires», précise Daniel Guillotin, élu en charge de l’écologie urbaine.

Un lieu d'observation de la nature mais aussi de loisirs et de culture

Une fois les travaux d’aménagement lancés, le futur parc de 30 hectares intégrera des zones humides, des lieux d’observation des oiseaux ainsi que des jardins familiaux et partagés. «Mais nous ne voulons pas en faire une réserve naturelle. Ce sera aussi une zone ouverte aux loisirs et à la culture, avec pourquoi pas une guinguette le long du canal», assure Daniel Guillotin.

La première phase des travaux devrait s’achever à l’horizon 2021 pour un coût global de 21,3 millions d’euros, dont trois millions de travaux de dépollution.