Rennes: Face à la prolifération, la ville s’arme contre le frelon asiatique

NATURE Les destructions de nids seront gratuites pour les habitants de la ville, y compris sur un terrain privé…

Camille Allain

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Cyrille Lejas tient dans les mains un ancien nid de frelons asiatiques qui a accueilli jusqu'à 2.000 insectes.
Cyrille Lejas tient dans les mains un ancien nid de frelons asiatiques qui a accueilli jusqu'à 2.000 insectes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Trois nids détruits en 2012, onze en 2013 et presque une centaine en 2014. A voir les chiffres qui gonflent, on comprend mieux ce qui a poussé la ville de Rennes à durcir son plan de lutte contre le frelon asiatique. Engagé en 2011 à l’arrivée des premiers nuisibles, le plan vise à réduire la prolifération de l’insecte, et instaure pour la première fois la gratuité de l’intervention. «Quand on repère un nid de frelons asiatiques, il ne faut surtout pas chercher à le détruire, mais d’abord contacter le service santé environnement de la ville (lire encadré), qui jugera s’il faut faire intervenir un spécialiste. L’habitant n’aura rien à payer, même si le nid est sur le domaine privé», assure Daniel Guillotin, adjoint en charge de l’écologie urbaine à la ville de Rennes.

Des piqûres qui peuvent être mortelles

Cette démarche volontaire, aujourd’hui limitée à la ville, pourrait être étendue à d’autres communes de la métropole afin de limiter la prolifération et réduire les risques sanitaires. «Contrairement à ce qui se dit, le frelon asiatique n’est pas plus dangereux que les autres, tant qu’on ne s’approche pas du nid. La différence, c’est leur capacité à attaquer pour défendre leur territoire», explique Cyrille Lejas, animateur à la fédération des groupements de défense contre les organismes nuisibles.

Plusieurs personnes sont déjà mortes après avoir été attaquées par des colonies de frelons. Un ancien agriculteur a notamment perdu la vie l’an dernier en Vendée après avoir été piqué des centaines de fois.

Des colonies d'abeilles décimées

Pour la ville, l’enjeu est également de préserver les populations d’abeilles, déjà décimées par les pesticides. «Les abeilles constituent 80% de l'alimentation des frelons asiatiques. Dans un nid comme celui-là (voir photographie) qui en abritait 2.000, il fallait de 5.000 à 8.000 abeilles chaque jour pour nourrir toutes les larves», poursuit Cyrille Lejas. 

Qui contacter?

En cas de suspicion ou de constatation de la présence de frelons asiatiques ou de nids, contacter le service santé environnement de la ville de Rennes au 02 23 62 22 10. La destruction du nid sera effectuée gratuitement.