En Bretagne, des collégiens font cours de sport en anglais et de bio en espagnol

EDUCATION Dix établissements testent en avant-première l’apprentissage d’une seconde langue dès la cinquième…

Camille Allain

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Des élèves ont suivi des cours de sciences et de mathématiques en anglais et espagnol.
Des élèves ont suivi des cours de sciences et de mathématiques en anglais et espagnol. — Mathieu Pattier / Sipa

Autour du monde, on tacle souvent le piètre niveau en langues vivantes des Français, et notamment en anglais. Pour tenter de changer cette image, la ministre de l’Education nationale a annoncé il y a un mois l’apprentissage d’une seconde langue dès la cinquième, soit un an plus tôt. En Bretagne, certains établissements n’ont pas attendu l’annonce de la ministre pour s’y mettre.

Depuis septembre, 35 collèges de l’académie ont ainsi proposé à leurs élèves d'apprendre l’espagnol, l’allemand, l’Italien ou même le russe dès leur entrée en cinquième. «On sait combien l’exposition précoce aux langues étrangères est un facteur de réussite. C’est une ouverture au monde», explique le recteur d’académie Michel Quéré.

«Il y avait une forme de gêne»

L’expérimentation a également vu des professeurs d’EPS faire cours en anglais ou des enseignants de Sciences et vie de la terre (SVT) se mettre à l’espagnol. «La plupart avaient déjà les compétences mais n’osaient pas le dire aux collègues. Il y avait une forme de gêne à faire cours en anglais. Le fait que les enseignements transversaux soient officialisés par le rectorat, certains se sont désinhibés», explique Dominique Deslandes, principale du collège Anne de Bretagne à Rennes.

Pas plus de 35 collèges en 2016

A Douarnenez, les élèves de cinquième du collège Le Bris ont pu profiter de cours des SVT en espagnol ou de sciences physiques en anglais. «Ils ont par exemple étudié les animaux de la mare en espagnol. Ça leur apporte du vocabulaire et un côté ludique pour apprendre la biologie. Aujourd’hui, les élèves ne sont plus surpris de voir leur prof de physique s’exprimer en anglais», estime Patricia Belle, proviseure.

L’initiative permet aussi aux enseignants de travailler en équipe. «La limite, c’est le temps et l’implication. Il ne faut pas imposer ça à tous les cours, ça ne servirait à rien», poursuit la proviseure.

A la prochaine rentrée, le nombre de collèges «cobayes» n’augmentera pas en Bretagne «afin de bien évaluer l’expérimentation». Avant, peut-être, de généraliser la pratique en 2017.