Rennes: OSS, le laboratoire qui se penche sur les cancers incurables

SANTE Une unité a été créée au sein du centre de traitement contre le cancer Eugène Marquis…

Camille Allain
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Une trentaine de chercheurs de l'Inserm travaillent au sein du laboratoire OSS de lutte contre le cancer implanté au centre Eugène Marquis à Rennes.
Une trentaine de chercheurs de l'Inserm travaillent au sein du laboratoire OSS de lutte contre le cancer implanté au centre Eugène Marquis à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Leur laboratoire a pour nom de code OSS, pour Oncogenesis Stress Signaling. Derrière cette appellation un peu barbare se cache une équipe d’une trentaine de chercheurs de l’Inserm hébergée depuis quelques semaines au sein du centre de traitement contre le cancer Eugène Marquis. Venus de l’université Rennes-1 et de Bordeaux, les scientifiques étudient les cas les plus virulents de la maladie tels que le cancer du sein triple négatif, le cancer du poumon ou du cerveau. «Ce sont des tumeurs pour lesquelles il n’existe aucun traitement aujourd’hui. Le glioblastome par exemple (tumeur du cerveau), on évalue l’espérance de vie à quinze mois, même avec des traitements lourds», explique Eric Chevet, directeur de recherche à l’Inserm et membre de l’OSS.

Des soins en avant-première

Implantés au cœur du centre de traitement, les chercheurs profiteront de la proximité des patients pour améliorer leur connaissance de la maladie. «On aura un accès privilégié à des échantillons. On pourra ainsi travailler sur des tumeurs extraites des malades et voir si ce que l’on observe in vitro est pertinent chez les patients», poursuit Eric Chevet. Ce sera ensuite aux chimistes de construire des molécules capables de perturber la tumeur et de tenter de l’éradiquer.

«Comprendre la biologie d'une tumeur»

A terme, ce sont les malades qui pourraient profiter de traitements bien avant leur mise sur le marché et faire du centre Eugène Marquis un établissement de pointe, notamment sur le cancer du sein. «Ce qu’il faut, c’est comprendre la biologie d’une tumeur et savoir comment elle évolue pour proposer une thérapie ciblée. Aujourd’hui, on en connaît 30% et on en soigne que 20%. Ces travaux doivent nous permettre de progresser», poursuit François Guillé, directeur d’Eugène Marquis.

Le centre privé à but non lucratif accueille chaque année 20.000 patients et effectue 30.000 séances de radiothérapie et 20.000 séances de chimio. 

Un coup de pouce associatif

La rénovation des locaux aura coûté près de 600.000 euros au centre Eugène Marquis. Plus de la moitié de l’enveloppe a été financée par des associations locales.