La Bretagne casse les frontières pour mieux se vendre aux Français

TOURISME Dix destinations ont été créées pour faciliter la compréhension des visiteurs…

Camille Allain
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Des enfants jouent sur la plage de Saint-Malo.
Des enfants jouent sur la plage de Saint-Malo. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Certains y verront une énième strate administrative, d’autres une simplification de l’offre touristique. Depuis mardi, la Bretagne compte dix destinations touristiques qui dépassent les frontières des départements, et même des régions. Exit les pointes du Raz et presqu’île de Crozon. Faites place à la destination Quimper Cornouaille. De la même manière, Dinard, Dinan, Cancale sont absorbées par la destination Saint-Malo baie du Mont Saint-Michel.

«La Bretagne regorge de joyaux et c’est une chance. Nous sommes tellement riches que nous ne savons pas quoi mettre en avant. C’est peut-être pour ça que notre offre touristique était trop floue», explique Maria Vadillo, conseillère régionale en charge du dossier.

Nantes, c'est «encore un autre univers»

Quatrième région touristique française derrière l’Ile-de-France, Rhône Alpes et Paca, la Bretagne espère ainsi faciliter les séjours. «Jusqu’ici chacun faisait sa promotion dans son coin. Il fallait simplifier pour que les visiteurs s’y retrouvent plus facilement. Aujourd’hui, la concurrence est mondiale», poursuit l’élue.

Les dix destinations touristiques créées en Bretagne. - Conseil régional de Bretagne

 

Pour définir ses dix destinations, le comité régional s’est appuyé sur l’étude «Morgoat» réalisée de 2005 à 2008 auprès de plus de 20.000 visiteurs de la région. «On voit les habitudes des gens. Ils ne s’arrêtent pas aux frontières d’un département pendant leurs vacances», poursuit Michael Dodds, directeur du comité régional du tourisme. Pas étonnant donc de voir les destinations déborder dans la Manche et en Loire-Atlantique, même si Nantes n’y entre pas. «C’est encore un autre univers», justifie Maria Vadillo.

Eviter les doublons

Sur le terrain, l’arrivée de ces dix destinations doit permettre de limiter la concurrence entre les différents sites et de limiter les doublons. «Sur la côte de granit rose, on a quatre offices de tourisme et pas un seul ne vante la même chose. Il faut travailler dans le même sens pour faire la promotion de la Bretagne dans son ensemble», explique Paul Droniou, responsable du comité du tourisme de Lannion-Trégor, devenu «Côte de granit rose, baie de Morlaix».

Une onzième destination devrait même être créée pour regrouper toutes les îles.