Rennes: «La politique culturelle d’une ville ne se résume pas juste à des subventions», estime Benoît Careil

CULTURE Les états généraux de la culture sont lancés ce jeudi avec pour enjeu de repenser la politique culturelle de la ville…

Propos recueillis par Jérôme Gicquel

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L'adjoint à la culture à la ville de Rennes Benoît Careil.
L'adjoint à la culture à la ville de Rennes Benoît Careil. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

La tenue d’états généraux de la culture faisait partie de l’accord de l’entre-deux-tours entre les socialistes et les écologistes lors des dernières élections municipales. S’inscrivant dans le cadre de la Fabrique Citoyenne, la démarche va se concrétiser jeudi et vendredi avec le lancement de ce projet qui réunira l’ensemble des acteurs culturels de la ville. Que faut-il en attendre? Eléments de réponse avec Benoît Careil, élu écologiste en charge de la culture.

Quel est le sens de ces états généraux de la culture ?

Il ne s’agit pas de faire table rase de la politique culturelle actuelle mais bien de lui donner un nouvel élan. Nous sommes dans une logique de co-construction avec les habitants qui ont aussi leur mot à dire pour définir cette politique. Tout ensemble, nous devons réfléchir pour voir comment la culture peut répondre aux enjeux de société actuels, comme la cohésion sociale ou l’intégration des quartiers défavorisés.

 L’un des objectifs est aussi de réorienter le soutien financier de la ville, ce qui suscite quelques craintes dans le milieu culturel

Il faut déjà dire que la ville s’est engagée à maintenir pendant les trois prochaines années le budget de la culture, alors que dans le même temps les dotations de l’Etat sont en baisse. Mais c’est sûr qu’il va falloir mieux répartir les subventions pour soutenir d’autres acteurs. Le problème qui se pose à Rennes depuis une quinzaine d’années, c’est que nous n’avons pas réfléchi à la manière de faire émerger de nouveaux acteurs et de nouveaux projets, nous n’avons fait que consolider ceux qui existaient déjà. On doit moins se focaliser sur l’événementiel mais plus sur la durée en demandant aux acteurs culturels de s’engager dans des actions plus participatives avec les habitants.

Vous demandez donc au monde de la culture d’être plus acteur dans la ville et non plus simple diffuseur ou producteur de culture ?

Il faudra en effet plus d’implication avec les centres sociaux ou dans les quartiers, chose que certaines associations font déjà. De plus, toutes les structures conventionnés devront respecter des engagements aussi bien en matière de responsabilité sociale, mais aussi de développement durable et d’égalité homme-femme. La politique culturelle d’une ville ne se résume pas juste à des subventions.

Vous incitez également les acteurs du monde culturel à travailler de plus en plus ensemble, voire même à se regrouper. Quelles formes cela-peut-il prendre ?

Rennes ne manque pas de festivals. Mais plutôt que d’avoir trois ou quatre petits ou moyens festivals dans le même registre, on pourrait peut être les amener à s’associer pour créer un plus grand festival. Il y a une vraie volonté de la ville d’avoir des événements plus visibles au niveau national voire même international. Ce sera d’autant plus important quand nous disposerons du Centre des Congrès qui permettra d’accueillir des événements d’envergure. Je rêve d’ailleurs d’un grand festival à Rennes qui donnerait le coup d’envoi de l’été et permettrait d’attirer un plus large public.