Ligue 1: «Je n’ai eu aucun contact avec les dirigeants du Stade Rennais», assure le conseiller de Yoann Gourcuff

Interview Le meneur de jeu breton est en fin de contrat à Lyon...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

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Yoann Gourcuff a évolué au Stade Rennais entre 2003 et 2006.
Yoann Gourcuff a évolué au Stade Rennais entre 2003 et 2006. — F. Elsner / Sipa

Avocat et représentant de Yoann Gourcuff, Didier Poulmaire évoque la situation de son client, quelques jours après la sortie polémique du joueur lyonnais face à Nice.

Le Stade Rennais aurait relancé la piste Yoann Gourcuff. Qu’en est-il exactement ?

Je n’ai eu aucun contact avec les dirigeants rennais. Aujourd’hui, Yoann est très concentré sur sa fin de saison, même s’il y a cette nouvelle blessure. Il lui tient à cœur d’aller jusqu’au bout et de tout mettre en œuvre pour que l’OL soit sur le podium. Il m’a demandé d’examiner les propositions qui pourraient se faire jour. Pourquoi pas Rennes, mais pour l’instant, je n’ai aucun contact avec les dirigeants, ni avec l’actionnaire.

Son avenir ne s'écrirait donc à pas Lyon ?

Je ne peux pas encore dire ça. Il m’a juste demandé d’être à l’écoute et de recevoir d’éventuelles marques d’intérêt, ce qui ne préjuge pas de sa décision finale. Il la prendra vraiment une fois la saison terminée. Rester à Lyon est une possibilité, repartir à l'étranger fait aussi partie des hypothèses. Mais plus que jamais, on va être très attentifs au projet sportif et à l'environnement proposés.

Vous avez communiqué avec lui depuis samedi dernier ?

Bien sûr, nous sommes régulièrement en contact. Il est très déçu, sa sortie contre Nice est le reflet d’une grande frustration. Il ne comprend pas…

«Yoann a un appétit de jouer qui reste encore très grand»

Alors que son entraîneur avait tenu des propos tendancieux, le président Jean-Michel Aulas est venu à sa rescousse…

Ça ne va pas forcément dans le sens de ce que les médias aimeraient dire, mais il y a plutôt une très bonne relation entre Jean-Michel Aulas et Yoann. Les déclarations du coach ont surpris tout le monde, y compris dans le club. Bon, il sortait d’une défaite, donc il parlait sous le coup de la déception. Je n’en tiens pas plus rigueur que ça.

Revenons au Stade Rennais. Yoann Gourcuff serait-il pour un retour dans son club formateur ?

Il est très attaché à la Bretagne, ça c’est clair, mais il y a tellement de paramètres… Ce qui peut surprendre le grand public, qu’on entretient dans l’idée du «joueur toujours blessé», c’est que Yoann a un appétit de jouer qui reste encore très grand. De plus, il y a encore beaucoup de clubs qui sont attentifs à ce qu’il va faire. J’ai reçu, y compris depuis samedi, des appels d’intermédiaires mandatés, qui viennent aux nouvelles pour savoir si Yoann ne serait pas intéressé.

En fait, il garde paradoxalement une très belle cote, notamment auprès des professionnels du football qui savent quel est son talent. Quand ces derniers m’appellent, c’est plutôt pour comprendre le pourquoi de cette succession de blessures. Les suiveurs du foot, notamment les coachs, savent exactement ce que vaut Yoann, et je trouve ça très rassurant.

Rennes serait-il capable de s’aligner sur les prétentions financières du joueur ? Celui-ci serait-il prêt à refaire un effort dans ce domaine ?

Il s’avère que l’image de Yoann reste extrêmement positive et attractive. Quand vous prenez le dernier classement de L’Equipe Magazine, qui liste les sportifs préférés des Français, on se rend compte que Yoann, malgré tout ce qui est dit sur lui, reste très bien placé (20e). Il est devant des joueurs en pleine possession de leurs moyens, dont on parle beaucoup, qui sont en équipe de France, comme Raphaël Varane (29e).

J’ai été par ailleurs appelé par un producteur de télévision, Cyril Viguier. Il a mené une enquête auprès des jeunes de 15-25 ans. Quand on les a interrogés, il y a un mois et demi, sur leurs athlètes favoris, deux noms sont sortis : Teddy Riner et Yoann Gourcuff.

Le troisième élément, et pas le plus inintéressant, est l’étude réalisée par Repucom, sur l’image du sportif français à l’étranger. Deux exemples m’ont frappé. Yoann arrive quasiment en tête en Corée du Sud, ce qui peut se comprendre par l’intérêt assez fort des Coréens pour Lyon. Mais j’ai surtout essayé de comprendre pourquoi il était très bien placé en Inde. On m’a expliqué que sa décision de diminuer son salaire, chose tellement rare dans le football, avait intéressé les médias indiens.

«Son talent finira par fermer le caquet de ceux qui sont méchants avec lui»

Dans ce contexte, quelles sont les «chances» du SRFC ?

Rennes a-t-il les moyens de «faire venir» Yoann ? Tant que je n’aurais pas eu de discussion avec les dirigeants, je ne pourrais pas répondre à cette question. Ce club a la chance d’avoir à sa tête une grande famille d’entrepreneurs [les Pinault], avec laquelle j’ai pu discuter dans le passé sur un tout autre sujet.

Moi, j’ai la chance d’être aux côtés d’un garçon qui, pour une entreprise footballistique, peut représenter beaucoup sur le plan sportif et en terme d’image. Si Rennes venait à me contacter, je suis persuadé qu’on aborderait ces différents sujets. Quand vous regardez ce que fait la famille Pinault dans l’univers du sport, et je pense notamment à Puma, ils ont une parfaite connaissance de la manière dont on peut le valoriser.

Vous dites que Yoann Gourcuff est encore «très aimé». Pas par tout le monde, cependant…

Il y a des gens qui se permettent de porter des jugements sur lui extrêmement durs, extrêmement négatifs, voire presque diffamatoires, sans chercher à comprendre. Quelqu’un comme Jean-Michel Larqué ne connaît pas Yoann. Il ne m’a même pas appelé pour savoir exactement ce qu’il se passait.

D’autre part, Yoann est effectivement porté par le public. Sans doute encore plus par les Bretons, mais on va dire qu’ils ne sont pas objectifs (sourire). Le bon sens populaire voit au-delà des problèmes qu’il peut avoir. Je continue à penser que ce bon sens l’emportera, et que le talent de Yoann finira par fermer le caquet (sic) de ceux qui sont aussi méchants avec lui, aujourd’hui.