Tourisme: En Bretagne, départements et région ont parfois du mal à s’entendre

DEPARTEMENTALES A quelques jours des élections, focus sur l'un des nombreux doublons de l’administration française...

Camille Allain
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Des touristes sur la plage de Dinard.
Des touristes sur la plage de Dinard. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Depuis quinze jours, vous avez peut-être aperçu la nouvelle campagne de promotion de la Bretagne à la télévision. Financé en grande partie par le comité régional du tourisme, le concours de selfies a également bénéficié du soutien de plusieurs agglomérations comme les métropoles de Rennes et Brest, Lannion-Trégor Communauté et d’autres. Et les comités départementaux du tourisme? «Ils n’ont pas souhaité participer», explique-t-on un peu gêné au comité régional du tourisme.



Ce petit malaise illustre à lui-seul les nombreuses strates qui composent l’administration française. «Dans le tourisme, il y a des doublons manifestes entre la région, les départements et les communautés d’agglomération. Un jour, il faudra trancher. Pour moi, c’est à la région de prendre la main. Un touriste ne s’arrête pas aux frontières d’un département», avance Paul Droniou, responsable du comité du tourisme de Lannion-Trégor. Pour lui, «il y a moyen de faire mieux avec le même budget».

«On ne peut pas s’arrêter aux frontières administratives»

Depuis peu, la situation s’est encore un peu aggravée pour les structures départementales. Quatrième région française pour le tourisme, la Bretagne a en effet lancé onze destinations censées être mieux identifiées par les visiteurs. «Quimper Cornouaille» ou encore «Brocéliande» ont donc été créées. «Je peux comprendre que les départements puissent se sentir exclus, mais aujourd’hui on ne peut pas s’arrêter aux frontières administratives. La promotion ne peut pas être faite au niveau départemental. Il peut y avoir une place pour eux, mais il faut qu’elle soit bien définie», estime Maria Vadillo, conseillère régionale en charge du tourisme.

En Ille-et-Vilaine, la confusion est encore renforcée par le changement de nom opéré par le comité départemental qui préfère se définir comme «Haute-Bretagne». «Franchement, ça ne veut rien dire. Les gens viennent d’abord en Bretagne», glisse un professionnel du littoral bretillien. «On a fait des merveilles sur certaines opérations comme les voies vertes et les circuits vélos. Mais dès que l’on touche à la communication, ça se crispe. Il n’y a aucun intérêt à valoriser l’identité d’un département aujourd’hui», estime Michael Dodds, directeur du comité régional du tourisme.

Plus de relations avec les pros

Période de réserve électorale oblige, les responsables des comités départementaux n’ont pas souhaité répondre à nos questions. Pour leur défense, ils évoquent simplement «des missions différentes», laissant à la région «la communication à l’international pour se concentrer sur le territoire français». Les comités vantent également «leur relation privilégiée avec les professionnels sur le terrain». «Améliorer la qualité de l’accueil, c’est aussi ça notre quotidien», explique l’une des responsables.

De l’avis de tous, il est nécessaire de clarifier la situation. Reste à savoir qui en fera les frais.