Mort de Zyed et Bouna: Premier face-à-face entre les policiers et les familles des victimes au procès

JUSTICE Le procès des deux fonctionnaires de police s’est ouvert ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Rennes…

Jérôme Gicquel
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Maître Jen-Pierre Mignard, avocat des familles des victimes à sa sortie de l'audience.
Maître Jen-Pierre Mignard, avocat des familles des victimes à sa sortie de l'audience. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

«Ce procès n’est pas celui de la police nationale dans son ensemble, ni celui des émeutes qui ont secoué la France». Président d’audience, Nicolas Léger a d’emblée tenu à préciser les enjeux du très médiatique procès des deux policiers qui s’est ouvert ce lundi à Rennes.

Les deux fonctionnaires de police sont  jugés pour non-assistance à personne en danger après le décès de Zyed et Bouna en 2005 dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois. Le drame avait été à l’origine de trois semaines d’émeutes sans précédent dans les banlieues françaises. 

Seul rescapé du drame, Muhittin témoigne

La première journée d’audience s’est focalisée sur la personnalité des victimes et des policiers mis en cause. Les proches des deux adolescents de 15 et 17 ans se sont succédé à la barre. La proviseure du collège où étaient scolarisés Zyed et Bouna les a décrits comme «deux gamins normaux, qui ne posaient pas plus de problèmes que les autres». «Ils n’avaient pas du tout le profil de délinquants comme on a pu l’entendre après le drame», a témoigné un éducateur sportif, qui connaissait bien les deux jeunes.

Seul rescapé du drame, Muhittin Altun, aujourd’hui âgé de 26 ans, est également venu témoigner à la barre. Assez nerveux, le jeune homme a évoqué pendant de longues minutes les difficultés à se reconstruire après un tel évènement. «C’est vraiment difficile. J’en garde encore des traces. J’ai peur de faire peur aux gens avec mes cicatrices», a expliqué le jeune homme.

Deux policiers décrits comme «exemplaires» par leur hiérarchie

La personnalité de Sébastien Gaillemin, 41 ans, qui poursuivait les adolescents, et Stéphanie Klein, 38 ans, qui était au standard du commissariat au moment du drame a également été passée au crible. Tous deux ont été décrits comme «des policiers exemplaires», des rapports venant attester des bonnes évaluations qu’ils avaient de leur hiérarchie.

«Ils sont intervenus comme n’importe quel policier l’aurait fait. Ils ont tenté de poursuivre des individus qui avaient un comportement suspect», a souligné Loïc Lecouplier, délégué du syndicat Alliance en Seine-Saint-Denis. « Mais malheureusement ce drame était prévisible», a-t-il poursuivi, évoquant le manque d’expérience des fonctionnaires de police affectés dans le département. «La Seine-Saint-Denis ne peut pas être un centre de formation, ni une école de la police», a-t-il ajouté.

La journée de mardi sera consacrée à l’étude des lieux du drame ainsi qu’au fonctionnement des services de police.