Rennes: Elles rament pour vaincre la maladie

INITIATIVE Trente-deux Rennaises atteintes par le cancer du sein participeront en mai à une randonnée nautique à Venise…

Jérôme Gicquel
Les Roz'Eskell lors d'un entraînement sur la Vilaine à Cesson-Sévigné.
Les Roz'Eskell lors d'un entraînement sur la Vilaine à Cesson-Sévigné. — Roz'Eskell

On ne dira jamais assez les bienfaits du sport. D’un point de vue santé tout d’abord, mais aussi comme moyen de s’évader et d’oublier ses tracas du quotidien. C’est dans cet esprit qu’a vu le jour l’association Cap Ouest, créée en juillet 2013 à l’initiative de Cécile Bendavid, chirurgien spécialisée dans la prise en charge du cancer du sein. «Dans la rééducation et l’après-cancer, nous mettons de plus en plus en avant l’activité physique qui est très bénéfique. Cela permet de diminuer la fatigue et la douleur et réduire le risque de rechute», souligne la professionnelle de santé.

Très vite, une activité dragon boat est lancée au sein de l’association, en partenariat avec le club de canoë-kayak de Cesson-Rennes. «Le mouvement de pagaie est très utile pour la rééducation du bras opéré et le renforcement musculaire», poursuit Cécile Bendavid.

Avant Venise, une course sur la Vilaine fin mars

Depuis son ouverture, l’activité remporte un franc-succès auprès de femmes atteintes par le cancer du sein. Portées dans leur élan, 32 Rennaises participeront fin mai à la Vogalonga, grande randonnée nautique de 32 kilomètres au cœur de la lagune vénitienne. A bord de leur embarcation ancestrale chinoise de 20 places, les Roz’Eskell (les ailes roses en breton) tenteront de relever ce défi sportif et humain.

Parmi elles, Annick, qui n’avait avant sa maladie «pratiqué aucune activité nautique». «Le sport m’a permis de me construire physiquement et moralement et d’évacuer plein de tensions. Cela m’a même permis d’évoquer la maladie dans mon cercle familial et professionnel alors qu’avant, je m’interdisais même de prononcer le mot cancer», témoigne-t-elle.

Avant de s’envoler pour Venise, d’autres défis attendent les Roz’Eskell, à commencer par la VogaVilaine le 28 mars. «Les filles rameront sur la Vilaine entre Cesson et Pont-Réan. Ce sera un petit aperçu de ce qu’elles vivront à Venise», assure Papia Prigent, leur coach sportif.