DJ Zebra: «Un mois après mon arrivée à Rennes, je voyais Nirvana aux Trans Musicales»

MUSIQUE L’ancien bassiste de Billy Ze Kick présente son album «Mambopunk» jeudi au Mondo Bizarro…

Camille Allain
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Zebra sera accompagné de son duo de cuivres jeudi soir à Rennes.
Zebra sera accompagné de son duo de cuivres jeudi soir à Rennes. — Fabrice Crenel

Originaire de Cambrai, Antoine Minne, alias Dj Zebra, a passé huit ans de sa vie à Rennes. Bassiste de Billy Ze Kick puis Dj résident dans de grandes discothèques et radios parisiennes, il signe aujourd’hui un virage musical en sortant Mambopunk, un album où il chante accompagné par un duo de cuivres. Un disque qu’il voulait présenter à Rennes.

Vous donnerez à Rennes votre deuxième concert pour la sortie de Mambopunk. Pourquoi ce choix?

Ça devait même être la première date. Mais on a calé un concert à Toulouse entre temps avec Hervé Bordier, le fondateur des Trans Musicales. C’est bien la preuve que tout me ramène à Rennes. Pour la sortie du disque, je voulais absolument jouer à Paris, parce que j’y habite, et à Rennes, parce que ça restera toujours ma ville de cœur.

Vous avez passé huit ans de votre vie ici. Qu’est ce qui vous avait amené à l’époque?

Je suis arrivé à Rennes en 1991. J’avais vu un reportage sur les Trans et je voulais absolument vivre ça. Je suis arrivé comme objecteur de conscience dans une radio chrétienne. Un mois plus tard, j’étais aux Trans. Et cette année là j’ai vu Nirvana (sourires). J’étais boulimique, j’ai vu tous les concerts.

Vous avez ensuite fait vos débuts avec Billy Ze Kick.

Je ne connaissais personne quand je suis arrivé. Chaque histoire qui m’est arrivée s’est faite par des potes, des rencontres improvisées. Je me laissais porter. C’est ce que j’aime à Rennes et qui n’existe pas à Paris. J’ai rencontré Nath (Nathalie Cousin, chanteuse de Billy Ze Kick) lorsqu’elle faisait un stage en radio. Jamais je n’aurais imaginé que ça devienne un tel succès. Je pense que les années 90 c’était la bonne époque pour vivre à Rennes. Il y avait des cafés-concerts partout, tout le monde se connaissait. Je suis reparti à Paris en 1999 pour suivre ma femme. J’ai mis des années à m’en remettre…

Vous serez jouez jeudi soir dans la petite salle du Mondo Bizarro. C’est un choix?

Oui ça s’est fait naturellement. Je connais bien Bruno le programmateur, on était ensemble à Canal B. Et puis c’est un chouette lieu qui représente bien le rock rennais. On sera sur une petite jauge. C’est bien pour commencer.

C’est donc une nouvelle carrière qui débute pour vous?

En quelque sorte, car j’abandonne la particule de Dj. Quand je me suis lancé dans le bootleg il y a dix ans, c’était frais, nouveau. Aujourd’hui j’ai remixé toutes les chansons que j’aimais et j’avais l’impression d’avoir fait le tour. Je savais que c’était passager.

Et comment réagit le public?

C’est étrange. Les gens ne dansent pas beaucoup, ils écoutent. Je pense que le public s’attend à voir Dj Zebra. C’est assez inhabituel pour moi. Il y a un travail de reconquête à mener.

Qu’en est-il de votre amour pour le Stade Rennais? Dur dur en ce moment, non?

C’est un sujet douloureux. Je suis très content quand je vois Rennes gagner. Mais en ce moment, je dois être honnête, je vibre pour Guingamp. Je m’en suis rendu compte lors de la finale de Coupe de France (en 2014 entre Rennes et Guingamp). C’était un non-match du Stade Rennais, je me demandais comment je pouvais supporter une équipe comme ça. Mes potes me chambraient en me disant que je m’étais trompé de tribune, que la fête c’était de l’autre côté. Ils avaient raison. Mais je supporte toujours les Rennais.