Rennes: L’hypnose médicale fait de plus en plus d’adeptes

SANTE Un médecin rennais organise en août un congrès international sur la displicine...

Camille Allain

— 

Le docteur Claude Virot, fondateur de l'institut de formation à l'hypnose Emergences à Rennes.
Le docteur Claude Virot, fondateur de l'institut de formation à l'hypnose Emergences à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

«On a souvent la perception de l’hypnotiseur qui prend le contrôle d’un patient, l’image du serpent aux yeux qui tournent dans le Livre de la Jungle». Formé à l’hypnose il y a près de 30 ans, le psychiatre rennais Claude Virot a passé sa carrière à lutter contre les clichés qui entourent sa discipline. Fondateur de l’institut de formation Emergences en 1994 à Rennes, le médecin est aujourd’hui à la tête de la Société internationale d'hypnose.

En août, il sera entouré de plus de 2.000 professionnels du monde médical à l’occasion d’un grand congrès mondial sur l'hypnose qui se tiendra à Paris. L’occasion pour la profession de s’afficher au grand jour, alors que les praticiens sont de plus en plus nombreux à se former. «Le problème de l’hypnose, c’est qu’il n’y a aucune loi pour encadrer la pratique. L’un de nos objectifs, ce serait de poser des règles éthiques que tout le monde respecte», explique Claude Virot.

On parlait auparavant de rêve éveillé

Ce psychiatre s’est aujourd’hui spécialisé dans la formation à l’hypnose auprès du personnel médical. «L’idée c’est de focaliser l’attention du patient sur ce qui l’intéresse, qu’il se projette sur un endroit où il se sent bien pour lui faire oublier son stress ou sa douleur. On parlait auparavant de rêve éveillé», détaille le docteur Virot. Des sages-femmes, des psychologues, des anesthésistes de la France entière se déplacent pour s’initier à l’hypnose. Médecin urgentiste au centre hospitalier de Saint-Brieuc, Franck Garden-Breche s’est formé en 2006. «A l’époque j’avais dû payer les cours de ma poche. Mon employeur refusait que ce soit considéré comme un congé-formation», explique-t-il.

L’hypnose, l'ancien brancardier s’en sert «tous les jours». «Quand j’interviens sur un accident de la route, je peux limiter le stress et l’effet de la douleur. On peut aussi jouer sur la perception du temps. On a ainsi moins recours aux traitements médicaux comme la morphine. On limite aussi le stress post-traumatique», explique le docteur costarmoricain. Preuve de l’engouement suscité, les formations des collègues du docteur Garden-Breche sont aujourd’hui financées par l’hôpital de Saint-Brieuc.

«Tout s'est arrêté»

Et si les professionnels sont de plus en plus nombreux à se former, c’est bien que la demande augmente chez les patients. Diane, 35 ans, a souffert de migraines chroniques pendant près de 20 ans. «Ça devenait invivable. J’ai vu beaucoup de neurologues, je prenais de la codéine, de la morphine, mais rien ne me soulageait», raconte la jeune femme. En octobre, elle a profité de trois séances d’hypnose, sur les conseils d’un ami. «Après le dernier rendez-vous, j’ai été malade pendant une semaine, c’était horrible. Et puis tout s’est arrêté. Aujourd’hui, j’ai encore quelques douleurs mais ça n’a rien à voir. Je suis vraiment étonnée du résultat», poursuit Diane.

Aujourd’hui, de plus en plus d’établissements hospitaliers ont recours à l’hypnose, y compris comme anesthésie en amont d’opérations chirurgicales.