Rennes: Où vont les gravats de la seconde ligne de métro?

TRAVAUX Plus d’un million de mètres cubes de terre seront extraits des sous-sols…

Camille Allain

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Le tunnelier Elaine, chargé de creuser la seconde ligne de métro à Rennes.
Le tunnelier Elaine, chargé de creuser la seconde ligne de métro à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Depuis début janvier et ses premiers tours de roue, le tunnelier Elaine ne cesse de creuser le tunnel qui accueillera la seconde ligne de métro. Un chantier de deux ans où il lui faudra parcourir huit kilomètres sous terre et extraire plus de 575.000 m3 de déblais. Ajoutez à cela le creusement des stations et vous obtiendrez le chiffre hallucinant d’1,3 million de m3 des gravats à évacuer. Pour donner un ordre d'idée, on estime qu’il faudra près de 100.000 camions pour transporter tout cela.

Les carrières se remplissent

Mais pour aller où? C’est la question posée par 20 Minutes à la Semtcar, société d’économie mixte qui gère le chantier de la ligne B. «Il y a plusieurs options. La première, c’est de remblayer les carrières. Nous avons des conventions avec des carrières qui sont en fin d’exploitation au Rheu ou à Bruz. Les exploitants sont tenus de les remblayer avant de quitter les lieux», explique Thierry Courau, membre de la Semtcar. Le même procédé avait été utilisé lors du creusement de la première ligne.

Des problèmes sur l'environnement?

Une solution très encadrée qui permet de limiter l’impact sur l’environnement. L’association Eaux et Rivières de Bretagne regrettait cependant le choix de certains sites comme Maure-de-Bretagne, où les opérations viendront perturber l’écosystème local. 

L’autre solution consiste à prospecter les agriculteurs qui détiennent des terres dans les environs. «Nous pouvons passer des conventions avec eux quand ils souhaitent rehausser leur terrain. Ils reçoivent une indemnisation», poursuit Thierry Courau. Les entreprises se chargent alors d’enlever un mètre de terre végétale, d’y déposer jusqu’à deux mètres de gravats, avant de replacer la terre végétale en surface. Un agriculteur de Bruz a ainsi accueilli 40.000 m3 de déblais. «Ce sont des terres inertes, pas dangereuses ou polluées. Il n’y a aucun risque», assure la Semtcar.

10.000 euros d'indemnisation

Agriculteur au sud de Rennes, Gérard a été approché il y a près d’un an par les entreprises chargées de forer les stations. «J’étais intéressé car une partie de mes champs sont en zone inondable, mais je n’ai jamais eu de nouvelles depuis. Ma surface était peut-être trop petite», explique l’agriculteur qui s’est vu proposer près de 10.000 euros d’indemnisation pour six hectares.

«C’est parfois plus que le prix du terrain mais ça compense les pertes d’exploitation. Je ne l’aurai pas fait pour l’argent mais pour rehausser mes champs», conclut Gérard. Le tunnelier devrait avoir fini de creuser fin 2017.