Handball : «Rennes est la seule ville de gauche en France à ne pas avoir de Zénith», estime David Christmann

Interview Parti à Tremblay, l'ancien entraîneur de Cesson regarde toujours d'un œil critique le problème de salle dans la capitale bretonne...

Jeremy Goujon

— 

David Christmann et Mehdi Boubakar reviennent jeudi soir à Cesson.
David Christmann et Mehdi Boubakar reviennent jeudi soir à Cesson. — P. Riou / Cesson-Rennes Métropole HB

David Christmann, le retour. Pour la première fois depuis 1999, l’entraîneur sera dans le camp opposé au Palais des sports de Cesson, jeudi soir (20 h 45). Avec Tremblay (8e), il espère bien faire chuter les Irréductibles (7es), qui demeurent déjà sur trois défaites consécutives en LNH.

Si beIN Sports a décidé de retransmettre la rencontre, est-ce pour filmer les retrouvailles entre Cesson et David Christmann ?
Non, c’est un match entre équipes potentiellement aptes à être dans la première partie de tableau. Mon retour est anecdotique, même si ça va me faire bizarre. Après, Cesson reste un adversaire coriace, c’est surtout ça que je vois. Je profiterai des personnes que je connais bien et que j’apprécie après le match.


L’année 2015 a mal démarré à Tremblay, avec une élimination d’entrée en Coupe de France et une défaite à domicile contre Nîmes (32-38). Avez-vous des choses à vous faire pardonner ?
Le problème, c’est qu’on a beaucoup de blessés. C’est comme si on enlevait Mickaël Robin, Romain Briffe et Romaric Guillo à Cesson. Sans ces trois-là, les matchs seraient plus difficiles pour eux. Quand on est au complet, et ça s’est vu durant la première partie de saison, on est capables de battre tout le monde. Mais quand il te manque trois ou quatre joueurs majeurs, c’est plus compliqué.


En dehors de votre travail, restez-vous le premier supporter de Cesson ?
Je ne suis pas un grand sentimental. Je suis assez fier de mon parcours à Cesson, je suis content de revenir, mais sans plus.


Les résultats cessonnais vous laissent donc indifférent ?
Non, je suis très heureux que ça marche parce que, quelque part, c’est aussi notre réussite [il associe son fidèle adjoint Mehdi Boubakar]. Les choses sont bien en place, le recrutement a plutôt été bon. On m’a dit que Redei [l’arrière hongrois recruté par Christmann avant son départ], ce n’était pas bon, mais il joue une heure, il défend, et il met sept buts à Aix la semaine dernière. Je suis content de ce que dégage l’équipe. C’est quelque chose qu’on a construit sur pas mal d’années, et qui ne se perd pas. Yérime Sylla fait un excellent boulot, d’une autre manière.


Concernant les soucis d’infrastructures, rien ne change, en revanche, puisque Cesson est obligé d’aller jouer à Brest (15 avril) ou Saint-Brieuc (20 mai) pour attirer plus de monde…
On est capables de mettre des millions d’euros sur le site des Jacobins, mais on est incapables d’ajouter une tribune supplémentaire au Palais des sports de Cesson. C’est la politique de Rennes qui est malheureusement comme ça depuis des années, et personne ne dit rien. On a une salle de sport, qui est en fait transformée en salle de spectacle [le Liberté]. On (sic) est la seule ville de gauche en France à ne pas avoir de Zénith. C’est quand même incroyable.