Bretagne: Après le covoiturage, place au cobaturage

INITIATIVE Ce service entre particuliers sera lancé début avril pour des liaisons maritimes...

Jérôme Gicquel
— 
Les membres de l'association Cobaturage qui vont lancer début avril le sevice.
Les membres de l'association Cobaturage qui vont lancer début avril le sevice. — Association Cobaturage

On pouvait déjà covoiturer. On pourra bientôt cobaturer en Bretagne. Quatre amis bretons originaires de Ploemeur dans le Morbihan lanceront début avril le premier site de cobaturage. Sur le même principe que le covoiturage, cette initiative permet à des passagers de rentrer en contact avec des propriétaires de bateaux pour des traversées en mer.

L’idée a germé cet automne dans la tête de ces quatre jeunes, tous âgés de 25 ans. «On a tous travaillé sur Groix en saison et on rencontrait toujours des difficultés pour rejoindre l’île. Soit il manquait de bateaux, soit les prix des traversées étaient trop chers», explique Renaud Moy, trésorier de l’association. Dans le même temps, les habitants des îles du Morbihan lançaient le mouvement des «cirés jaunes» pour dénoncer la hausse des tarifs des liaisons maritimes du continent vers Groix, Houat, Hoëdic et Belle-Ile. 

Une grogne qui vient confirmer chez les quatre compères l’intérêt de leur projet. «Au départ, nous avons créé une page Facebook et on a tout de suite eu beaucoup de demandes. On a ensuite lancé une campagne de financement participatif qui nous a permis de récupérer 5.800 euros qui ont été réinvestis dans la création du site», indique Renaud Moy.

Réduire l'impact environnementale et partager un bon moment

Le projet désormais bien ficelé, le site de cobaturage entrera donc en service au printemps. Les plaisanciers pourront déposer les dates et les trajets de leurs virées en mer. Des offres susceptibles d’intéresser des voyageurs qui, moyennant finances, pourront profiter de la traversée à moindre frais. «Nous ne fixerons pas de prix. Ce sera au propriétaire de bateau de le fixer. L’idée n’est pas de faire bateau taxi pour gagner de l’argent. Il s’agit plus de partager un bon moment sur un bateau tout en réduisant l’impact environnemental des trajets», précise Renaud Moy.

Le site permettra de se déplacer du continent vers les îles mais également d’un port vers un autre. «On peut imaginer des trajets Lorient-Groix mais aussi Lorient-Vannes. C’est un service qui peut bien fonctionner auprès des touristes», ajoute le trésorier de l’association. Le site se cantonnera pour l’heure à la seule Bretagne mais l’association n’exclut pas de lancer son service dans d’autres régions si le succès est au rendez-vous. Une application mobile est également dans les cartons.­