Rennes: L’université Rennes-II entre crainte et indifférence

EDUCATION Le président et vingt membres du conseil d’administration ont démissionné lundi...

Jérôme Gicquel

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L'université Rennes-II compte près de 21.500 étudiants.
L'université Rennes-II compte près de 21.500 étudiants. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Des étudiants qui se pressent pour ne pas rater le début des cours, deux agents qui s’occupent de l’entretien des espaces verts... Sur le campus de Villejean, la vie suit son cours en ce mardi matin. Lundi, l’université Rennes-II a pourtant été le théâtre d’un mini-séisme. En désaccord avec le président de l’université Jean-Emile Gombert sur le projet de fusion avec Rennes-I, vingt membres du conseil d’administration avaient annoncé leur démission dans la matinée. Une décision qui a entraîné de facto la dissolution du conseil d’administration et la fin du mandat de Jean-Emile Gombert, à la tête de l’université depuis 2011.

Sur le campus, la crise qui secoue l’université est loin d’être au centre des discussions. «J’en ai vaguement entendu parler mais ça ne m’intéresse pas plus que ça», témoigne Alice, étudiante en Histoire. «J’ai reçu par mail le courrier de la direction mais je ne l’ai même pas ouvert. Je préfère m’intéresser à mes cours plutôt qu’à leurs querelles», soupire Carole, en deuxième année de langues.

«Nous ne voulons pas d’un mariage forcé»

Si la majorité des étudiants se désintéresse totalement de cette crise de gouvernance, certains expriment tout de même quelques craintes quant au projet de fusion avec Rennes-I, qui devait être effective au 1er janvier 2016. «Je ne suis pas contre le principe de fusion mais je ne veux pas que l’enseignement en pâtisse. Et dans l’état actuel, on voit bien que les sciences dures qui sont enseignées à Rennes-I seront plus favorisées que les sciences sociales et humaines», indique Marc, étudiant en troisième année de Sciences de l’éducation.

C’est d’ailleurs sur cette question de la représentativité des deux universités au sein de la future entité que se sont cristallisées les tensions. «Nous réclamons la stricte parité dans les conseils, ce qui est loin d’être le cas dans ce qui nous était proposé. Nous ne voulons pas d’un mariage forcé qui entraînerait une absorption de Rennes-II par Rennes-I», estime Paul Le Damany, président de l’Unef de Rennes.

Pour remettre sur pied l’université, un administrateur provisoire sera nommé vendredi. Un vote pour élire un nouveau conseil d’administration et un nouveau président suivra dans les prochaines semaines, probablement au mois de mars. Quant à la fusion des deux universités, elle semble aujourd’hui remise en question.