Rennes: Face à Cap Mail, l'ancien Charleston va disparaître

URBANISME Cela fait plus de 10 ans que la discothèque a fermé ses portes...

Camille Allain

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Les fenêtres murées font tâche devant l'immeuble imaginé par Jean Nouvel.
Les fenêtres murées font tâche devant l'immeuble imaginé par Jean Nouvel. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Est-ce le hasard du calendrier? Quelques jours après l’arrivée des premiers locataires dans l’immeuble de Jean Nouvel et à quelques semaines de la livraison du chantier du mail Mitterrand, le dossier de l’ancien club Le Charleston a enfin bougé, comme l’a révélé Ouest-France.

Liquidée en 2002, la discothèque située à l’angle du mail et des quais d’Ille-et-Rance n’avait toujours pas trouvé preneur depuis sa fermeture. «Cette affaire n’était pas simple», confie un proche du dossier. Ancien adjoint à l’urbanisme, Frédéric Bourcier nous décrivait il y a quelques années ce projet comme «un véritable casse-tête» tant les propriétaires étaient nombreux et ne parvenaient pas à se mettre d’accord.

La ville s'est emmêlée

En face du tout nouvel immeuble imaginé par Jean Nouvel, la bâtisse aux portes et fenêtres murées faisait tache. La façade décrépie ne colle pas non plus avec les importants travaux de reconfiguration du mail François Mitterrand, dont la livraison est prévue en avril. «C’est le dernier chantier de la ZAC. Il y a un enjeu important», poursuit une responsable du groupe Lamotte à qui le chantier a été attribué. «Le promoteur avait commencé l’acquisition de bâtiments mais un autre traînait un peu. Nous avons profité d’une opportunité juridique pour préempter des biens, au nom de l’intérêt général», explique l’adjoint à l’urbanisme Sébastien Sémeril.

Le cahier des charges «très exigeant»

Pour faire avancer ce dossier, la ville a donc racheté quelques appartements et a confié le projet au groupe Lamotte. Le promoteur prévoit d’y construire des logements et des locaux commerciaux en rez-de-chaussée, ainsi qu’un parking souterrain. Un cahier des charges «très exigeant» a été remis à quatre architectes ce jeudi. «C’est un bâtiment emblématique, une maison d’octroi qui marquait l’entrée de la ville et la confluence des deux cours d’eau. C’est ici que se faisaient les arrivées fluviales, juste en bas de la ville médiévale», poursuit l’élu, «soulagé» que le projet soit enfin sur pied.

D'autres projets dans les cartons

«Nous prendrons notre décision début mai. La demande de permis de construire sera déposée avant la fin de l’année», espère-t-on chez Lamotte. Les élus planchent désormais sur la rénovation des remparts et des portes mordelaises et réfléchissent «à un autre beau projet en face de la Mabilais qui montrera que la ville se reconstruit», selon Sébastien Sémeril.