Rennes: Sur les traces d'Etienne Daho

MUSIQUE Le chanteur achève samedi sa tournée dans la ville de ses débuts...

Jérôme Gicquel

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Etienne Daho sur la scène des Vieilles Charrues en juillet 2014.
Etienne Daho sur la scène des Vieilles Charrues en juillet 2014. — Alain Robert / Apercu / SIPA

Clin d’œil ou hasard du calendrier ? Pour la dernière date de sa tournée Diskönoir Tour, Etienne Daho se produira samedi à Rennes au Liberté. Complet depuis longtemps déjà, le concert était initialement programmé le 17 avril mais avait été reporté en raison de l’état de santé du chanteur. Désormais remis sur pied, Etienne Daho va donc faire son grand retour dans la ville de ses débuts.

Né à Oran en Algérie, le chanteur s’installe en 1965 avec sa famille dans la capitale bretonne. Bercé de rock anglais et américain, l’étudiant en anglais d’alors se met à fréquenter assidûment la boutique Disques 2000, située rue de Brest. «Il était fan du Velvet Underground. Il venait là pour se ressourcer et se cultiver. Toute la scène musicale rennaise venait d’ailleurs s’approvisionner chez nous», raconte Hervé Bordier, ancien disquaire.

Premier album et premier concert aux Trans Musicales

C’est à cette époque qu’il commence à se lier d’amitié avec les musiciens de Marquis de Sade, groupe culte pour les amateurs de rock et de new wave. «Tous les musiciens rennais et les punks se retrouvaient à l’Epée, rue Vasselot, ou au Drugstore. C’était une époque de fêtes incroyables, les nuits rennaises étaient chouettes», se souvient Frank Darcel, co-fondateur et guitariste de Marquis de Sade.

A la fin des années 70, Etienne Daho n’est pas encore chanteur mais plutôt Dj et organisateur de concerts. En 1979, il est toutefois programmé pour la première édition des Trans Musicales salle de la Cité avec sa bande «Les deux fils dénudés de la dynamo».

Le déclic intervient en 1980. Associé à Richard Dumas, désormais photographe pour l’agence Vu, Etienne Daho planche alors sur une démo. «Séduit par son univers», Frank Darcel lui file un coup de main sur cette maquette qui donnera naissance au premier album de Daho Mythomane, sorti en 1981 chez Virgin.

Entretemps, le chanteur s’est produit une nouvelle fois aux Trans, seul avec ses musiciens sur scène cette fois. «Il en garde un grand souvenir et moi aussi. D’un point de vue artistique, il n’a pas changé d’un iota depuis ce concert», souligne Hervé Bordier, co-fondateur avec Jean-Louis Brossard et Béatrice Macé des Trans.

Direction Paris après les premiers succès

Repéré avec le morceau Le Grand sommeil qui sort fin 1982, Etienne Daho décide de s’installer à Paris où il  enregistre son second album La Notte, La Notte, réalisé par Frank Darcel. Le succès est en marche avec l'énorme tube Week-end à Rome qui inonde les radios françaises.

La carrière d’Etienne Daho s’écrit alors sans sa bande de potes rennais, qui ne lui en tient pas rigueur pour autant. «Il m’a toujours envoyé ses albums avant la sortie. Il a un parcours très élégant et ne s’est jamais fourvoyé», indique Frank Darcel.

L’ancien guitariste de Marquis de Sade aura d’ailleurs l’occasion de reparler du bon temps samedi puisque c’est lui qui assurera la première partie d’Etienne Daho avec son nouveau groupe Republik.