Saint-Malo: Bonobo part à la conquête du monde

ECONOMIE Très implantée en France, la marque du groupe malouin Beaumanoir a des envies de voyage...

Camille Allain
— 
Le nouveau multistore de Beaumanoir ouvert à Annecy il y a quelques jours.
Le nouveau multistore de Beaumanoir ouvert à Annecy il y a quelques jours. — Groupe Beaumanoir

On peut appeler ça un développement éclair. Fondée en 2006 à Saint-Malo, la marque Bonobo est aujourd’hui présente partout en France. En seulement huit ans, le groupe Beaumanoir auquel elle appartient a ouvert 348 boutiques à son effigie. «Depuis vingt ans que je suis dans le textile, j’ai rarement vu ça», concède le directeur de la marque Xavier Prud’homme. Pour se faire une place dans un secteur très concurrentiel, Bonobo a créé le concept de «jeaner mixte» [fabricant de jean] à prix accessible. Pari gagnant.

Des ouvertures en Chine, en Italie et au Moyen Orient

Avec l’inauguration de sa dernière boutique à Annecy il y a quelques jours, Bonobo boucle son année 2014 sur un bilan de 41 nouveaux points de vente ouverts. Un chiffre qui ferait pâlir d’envie la plupart des enseignes de mode, mais qui marque pourtant un ralentissement de la croissance de Bonobo en France. «En 2011, je crois qu’on en a ouvert 80 en un an. Aujourd’hui, on a encore un potentiel en région parisienne et dans le sud-est», poursuit le directeur.

Le directeur de la marque Bonobo Xavier Prud'homme. - Groupe Beaumanoir


Forte d’un chiffre d’affaires de 251,6 millions d’euros en 2013 (contre 214 millions en 2012), l’enseigne a sans doute atteint son pic de croissance en France et ne cache pas ses ambitions à l’international. «Nous nous sommes lancés en Chine il y a moins d’un an et nous comptons déjà 15 magasins. Dix autres ouvertures sont prévues d’ici février», poursuit Xavier Prud’homme. Déjà présent en Italie, Bonobo espère aussi conquérir le Moyen Orient, en s’appuyant notamment sur l’implantation de la marque Cache-Cache, sa grande sœur du groupe Beaumanoir. «Notre force, c’est de profiter d’un important réseau d’affiliés dans le monde entier», concède le directeur.

La Bretagne, laboratoire des nouveautés

Développée depuis Saint-Malo où une elle emploie une centaine de salariés, la marque a tout de même dû s’adapter aux contraintes locales. «Un jean européen pour un Chinois ça ne se fait pas, il l’aura sur les chevilles. Il faut s’adapter à la morphologie de chacun», explique Xavier Prud’homme. Pour tester toutes ces nouveautés, la marque s’appuie d’ailleurs sur deux boutiques bretonnes à Dinan et à Alma. Le centre commercial rennais est le premier à avoir accueilli le multistore où l’on retrouve les grandes marques de Beaumanoir. Un concept validé et déjà exporté à l’étranger.