Bretagne: Les tremblements de terre représentent-ils un risque?

SOCIETE Un séisme de magnitude 3,6 a été ressenti cette nuit dans le Morbihan...

Camille Allain

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Des scientifiques à l'observatoire des sciences de la terre à l'université de Strasbourg.
Des scientifiques à l'observatoire des sciences de la terre à l'université de Strasbourg. — G . VARELA / 20 MINUTES

Mardi vers 3h22 du matin, certains habitants de Vannes, Auray ou Quiberon ont été réveillés en pleine nuit par une secousse sismique. «J'étais dans mon lit et j'ai senti celui-ci bouger. Je me suis demandé ce qui se passait, si je rêvais», confiait ce mardi matin une habitante de la région.

Enregistré à une magnitude de 3,6, le tremblement de terre n’aura fait aucun dégât. Pas plus que celui qui avait touché la côte nord bretonne en juillet ou celui qui avait secoué Vannes en 2013. Mais si l’activité sismique est considérée comme «faible» dans la région, il n’est pas rare de voir la terre trembler. Depuis 1980, on a recensé 1.078 séismes en Bretagne selon les données du Réseau national de surveillance sismique (Rénass), mais tous de magnitude inférieure à 5,4.

Un séisme par mois en France

«En France métropolitaine, on considère qu’il y a environ un séisme par mois. La Bretagne est moins touchée que les Pyrénées ou le sud des Alpes mais elle est régulièrement secouée», confirme Jérôme Vergne, sismologue à l'École et observatoire des sciences de la terre de Strasbourg.

L'épicentre est situé entre Quiberon et Belle-Ile. - IDE

 

Un phénomène que les scientifiques peinent d’ailleurs à expliquer. «Le vieux massif armoricain témoigne d’une histoire tectonique en Bretagne. On sait d’ailleurs qu’il y a une faille appelée sud-armoricaine qui passe à hauteur de Vannes et Quimper. Mais on ne constate pas de déformation nette de l’écorce terrestre. Il s’agit sans doute d’un phénomène de rééquilibrage lié à des poussées lointaines entre les plaques européennes et africaines», poursuit Jérôme Vergne.

Une magnitude de 5,4 au plus

Classée en zone d’aléa de niveau 2, soit en zone d’aléa faible, la région n’a jamais connu de secousse d’une magnitude supérieure à 5,4. C’était en 2002 à Hennebont, et seule une cheminée était tombée. «On continuera à avoir une activité sismique en Bretagne mais les failles ne sont pas de nature à provoquer de grands tremblements de terre. On n’ira pas au-delà d’une magnitude de 5,5 à 6, ce qui peut déjà provoquer des dégâts modérés», poursuit le sismologue Jérôme Vergne.

Votre témoignage est une donnée scientifique

Si la secousse subie ce matin était loin d’être dangereuse, elle est tout de même scrutée par les scientifiques. Une quarantaine de témoignages a d’ailleurs été reçue sur le site France Séisme. «C’est très important pour nous de savoir ce que les gens ont ressenti. Ce sont des données scientifiques», conclut le sismologue strasbourgeois.