Rennes: Vers une réduction de la vitesse sur la rocade pour lutter contre la pollution

SOCIETE La maire privilégie cette mesure à celle contre les véhicules diesel...

Camille Allain
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La vitesse pourrait être abaissée sur la rocade rennaise.
La vitesse pourrait être abaissée sur la rocade rennaise. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

L’annonce de la maire de Paris Anne Hidalgo d’interdire l’accès à la capitale aux véhicules diesel d’ici 2020 a été très commentée ce week-end. Au même moment, Rennes subissait sa troisième journée consécutive de dépassement du seuil d’information de pollution aux microparticules. Une pollution de l’air en grande partie liée à la circulation des véhicules à moteur diesel.

Suffisant pour convaincre la maire Nathalie Appéré de suivre son homologue parisienne? Pas vraiment. «Je comprends la proposition d’Anne Hidalgo qui semble pertinente pour sa ville. Le contexte rennais est tout de même bien différent. A Paris, 60% des habitants n’ont pas de voiture. Je crois qu’à Rennes, la situation est bien différente et que cette mesure s’appliquerait difficilement», assume la maire Nathalie Appéré.

Pour lutter contre la pollution, pas question non plus de créer un centre-ville sans voiture comme l’ont fait Londres ou Berlin. «Il faut limiter l’usage de la voiture. Mais il restera toujours des déplacements en voiture à effectuer en centre-ville», poursuit la maire.

La rocade à 80 km/h en 2015?

Responsable de 30% des émissions de gaz à effet de serre sur l’agglomération rennaise, la rocade subit régulièrement des pics de pollution et est souvent montrée du doigt. En septembre, Nathalie Appéré a clairement fait savoir qu’elle souhaitait y voir la vitesse réduite à 80 km/h. «Nous en avons fait la demande auprès du préfet. L’instruction est en cours. J’espère que nous arriverons à l'expérimenter en 2015», poursuit la maire.

Adjointe en charge des transports, l’écologiste Sylviane Rault aimerait même que la vitesse soit abaissée à 70 km/h. «Mais ce serait mal compris», a-t-elle confié au Mensuel de Rennes. Déjà testée à Paris, Nantes, Toulouse ou Lyon, la réduction de la vitesse pourrait aussi diminuer les embouteillages quasi quotidiens sur la rocade.

Eviter les passoires énergétiques

Plutôt que d’interdire le centre-ville aux voitures, la municipalité rennaise a engagé un plan de rénovation énergétique, en encourageant notamment la construction d’une centrale biomasse pour chauffer les quartiers sud et d'une chaufferie bois à Baud-Chardonnet. «Le chauffage, c’est 30% des émissions de microparticules. Il faut éviter les passoires thermiques», explique la maire.

En 2008, les communes de la métropole s’étaient d’ailleurs engagées à réduire d’au moins 20% les émissions de CO2 par habitant d’ici 2020. Ne restent plus que cinq ans.