Trans Musicales: Les finances toujours dans le rouge

MUSIQUE Le festival affiche un déficit depuis plusieurs années...

Jérôme Gicquel
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La soirée de vendredi affiche déjà complet au Parc Expo.
La soirée de vendredi affiche déjà complet au Parc Expo. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Sold out. Malheureusement pour les retardataires, la soirée du vendredi au Parc-Expo affiche complet. Une bonne nouvelle en revanche pour les organisateurs qui attendent près de 60.000 spectateurs pour la 36e édition qui démarre ce jeudi.

Si les Trans attirent toujours un public en quête de nouveautés musicales, tout n’est pas rose pour autant. L’Association des Trans Musicales (ATM), qui gère le festival et la gestion à l’année de la salle l’Ubu, affiche en effet un déficit de près de 200.000 euros sur un budget global de 4 millions d’euros. «C’est un peu mieux qu’entre 2010 et 2012 où l’on était monté à 470.000 euros. On va tenter de poursuivre ce redressement mais il nous faudra plusieurs années pour apurer les comptes», assure Béatrice Macé, co-directrice du festival. 

Incertitudes sur les subventions de la ville

Les difficultés remontent à 2010. A l’époque, les Trans s’exportent en Russie mais la tournée fait flop en raison de problèmes logistiques. La même année, Sony Ericsson, important partenaire financier, se désengage, plombant les comptes de l’ATM. A cela s’ajoutent des subventions revues à la baisse par les collectivités.

Et le pire est peut-être à venir car la subvention de 970.000 euros de la ville de Rennes pourrait elle aussi être amputée dès l’an prochain, la municipalité souhaitant redistribuer les cartes dans le monde de la culture en versant moins d’argent aux grosses structures. «Si c’était confirmé, on ne serait pas en mesure de présenter le même projet et on devrait sûrement licencier», prévient Béatrice Macé. «On tient à pas grand-chose, sans aucune marge de manœuvre», poursuit-elle.

Attirer des partenaires privés

Dans ce contexte pour le moins morose, la direction des Trans ne baisse pourtant pas les bras et cherche à augmenter ses capacités d’autofinancement pour compenser la baisse des subventions. «Le festival s’autofinance aujourd’hui à 61%, on doit faire un peu plus», estime Béatrice Macé.

L’équipe des Trans remue ciel et terre pour tenter de trouver des partenaires privés. Après Heineken, déjà présente depuis plusieurs années avec la Green Room, c’est Red Bull qui rejoint cette année le festival avec sa Red Bull Music Academy qui s’installera samedi à l’Ubu. «Mais le marketing reste très discret», indique Emilie Lacroix, directrice de la communication et des partenariats.

Pas question en revanche pour l’équipe des Trans de céder aux sirènes du cobranding, qui se développe de plus en plus dans le milieu des festivals. «Ce n’est pas pour nous. Cela ne correspond pas à l’idée que l’on se fait du projet», conclut Béatrice Macé.