Au régime bio pendant six mois

Camille Allain

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Eleveur bio à Messac, Luc Geffrault a fait visiter sa ferme à des familles.
Eleveur bio à Messac, Luc Geffrault a fait visiter sa ferme à des familles. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

«Avant de passer au bio, j'ai été maraîcher pour des grandes marques de conserve. J'ai vu comment on arrosait nos haricots de produits pas très sains. J'avais envie de changer. » Eleveur de vaches laitières à Messac, Luc Geffrault a face à lui une dizaine de curieux venus visiter sa ferme. Invitées par l'association Agrobio35, une quarantaine de familles du Pays des Vallons de Vilaine (Bain-de-Bretagne, Guichen) ont accepté de relever le défi de se convertir au bio pendant six mois. « Nous voulons accompagner les familles afin qu'elles augmentent la part de bio dans leur alimentation sans augmenter leur budget. Car, le premier frein du bio, c'est le prix. Mais en optant pour la vente directe par exemple, on peut tenir son budget », explique Elise Grouazel. Animatrice à Agrobio35, c'est elle qui a organisé la visite de la ferme. « L'autre frein, c'est la méconnaissance du territoire. Les gens n'imaginent pas qu'il y a des producteurs à côté de chez eux », poursuit l'animatrice.

Un marché improvisé


Venus de Bain-de-Bretagne, Valérie et Frédéric écoutent attentivement leur hôte du jour. Ils achètent déjà des paniers de légumes bio chaque semaine. « On aimerait en faire plus », explique Valérie pour justifier son inscription au défi. Maman de deux enfants, elle se verrait bien faire quelques efforts, mais pas à n'importe quel prix : « Il y a une question de coût mais aussi d'approvisionnement. On travaille tous les deux, on n'a pas le temps d'aller acheter le lait, la viande ou le pain chez chaque producteur. »

Une interrogation récurrente qui a poussé Luc Geffrault à se regrouper avec d'autres agriculteurs du coin pour organiser un petit marché chaque mercredi devant sa ferme. « On a un maraîcher, de la vente de pain, une éleveuse de volailles qui vient tous les quinze jours, du miel. En vente directe, ça revient moins cher », explique Luc Geffrault. L'éleveur tient toutefois à préciser que « le surcoût en bio, c'est surtout pour la viande. Si on ne veut pas augmenter son budget, il faut manger plus végétal »

■ Un test

Le défi sera testé pendant six mois dans le Pays des Vallons de Vilaine et financé par la collectivité et le conseil général. Agrobio aimerait étendre son projet à Rennes Métropole d'ici la fin de l'année.