Maïlou, dernier doudou français

ÉCONOMIE Licenciées, d'anciennes salariées de Nounours ont relancé l'activité à Châteaubourg

Camille Allain

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Trop petit, l'atelier de Maïlou ne peut pas accueillir toutes les salariées.
Trop petit, l'atelier de Maïlou ne peut pas accueillir toutes les salariées. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

A voir la façade de l'ancien marchand de carrelage de Châteaubourg, on est loin de se douter que les murs mal isolés abritent la dernière fabrique de peluches 100 % française. « Ici, on fait tout nous-mêmes », assure Annick Brault. Couturière chez Nounours pendant 30 ans, Annick est licenciée en 2008 lors de la fermeture de l'usine de Châtillon-en-Vendelais, qui a employé jusqu'à 300 personnes. Elle rebondit alors au sein de Maïlou, une petite fabrique de doudous installée à Châteaubourg, mais qui dépose le bilan 18 mois plus tard. Epaulée par trois couturières, Annick décide de relancer l'entreprise en 2011, en recentrant l'activité vers les associations et les entreprises. « La première année, c'était super difficile. On a sorti 500 peluches par mois, pas plus. On a dû faire beaucoup de sacrifices », raconte celle qui dirige désormais huit personnes au sein de Maïlou Tradition. Aujourd'hui, la capacité de production a triplé, notamment grâce à la volonté de quelques maires de la région. « Je voulais un doudou aux couleurs de la ville pour l'offrir aux nouveau-nés. On en a commandé 2 000 d'un coup », se souvient David Robo, le maire de Vannes.

« On a du travail ! »


Depuis, d'autres maires ont suivi et les carnets de commandes se sont bien remplis. Mais la situation reste précaire pour Maïlou. « On n'a aucune trésorerie et les banques refusent de nous aider. Pourtant, on a du travail ! », soupire Réjane Riant. C'est elle qui gère la comptabilité de l'entreprise. Son souci : faire réparer une machine de pique qui vient de tomber en panne. « C'est 600 € à débourser. On ne sait pas comment on va faire », explique-t-elle. Les neuf femmes aimeraient également déménager pour développer l'activité. « On a deux couturières qui travaillent à domicile faute de place et on doit déjà stocker nos tissus dans le garage du voisin. Ce n'est pas vraiment un atelier. Quand on nous livre une palette, elle reste là, sur le trottoir », indique Réjane sur le pas de la porte. Mais la jeune femme garde le sourire. « On y arrivera, comme toujours. »

■ La petite boutique

Chaque mercredi de 9 h à 17 h, Maïlou ouvre sa petite boutique au 34, rue de Paris. « On voit de plus en plus de monde. Les gens ont l'air d'apprécier le côté artisanal », explique Annick, la gérante.

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