Un région où il fait bon buller

Camille Allain

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Deuxième plus grand rendez-vous de bande dessinée après Angoulême (Charente), le festival Quai des Bulles qui s'ouvre ce vendredi à Saint-Malo met chaque année en lumière le goût prononcé de la Bretagne pour la BD. « Il y a quelques années, on avait recensé 500 auteurs et illustrateurs dans la région. Ça nous place juste après Paris », confirme Marc, alias Joub. Originaire de Tinténiac, l'auteur de Max et Zoé et de Géronimo explique cette particularité bretonne par la renommée du festival et de son fondateur Jean-Claude Fournier, alors illustrateur pour Spirou. « Il ouvrait les portes de son atelier aux jeunes comme moi. Il nous a beaucoup aidés », se souvient Joub. La première fois que le jeune dessinateur a été invité à Quai des Bulles, c'était avec ses copains du club de BD de son lycée de Dinan. « Il y avait une transmission entre les auteurs. C'est là que la BD s'est développée à Rennes et Saint-Malo ». Nous sommes dans les années 1980 et les auteurs sont nombreux à se lancer, publiant quelques dessins dans le fanzine Frilouz. « On était une vraie bande », sourit Joub.

Un salon « immanquable »


Depuis, d'autres villes ont développé un goût pour la BD. « Angoulême bien sûr, mais aussi Lyon, Nantes ou Marseille. Mais il y a toujours une saveur particulière à Rennes et Saint-Malo », estime Patrick Hourcade, responsable événementiel chez Glénat. Le célèbre éditeur a été l'un des premiers à venir régulièrement à Quai des Bulles. « Ça fait vingt-deux ans que je viens ici. Des salons comme ça, on n'en fait pas dix dans l'année. Les auteurs viennent nombreux et le public suit. C'est immanquable », poursuit Patrick Hourcade. 38 000 visiteurs s'y étaient préssés l'an passé. Un record.

■ Trois jours de dédicaces et d'expositions

Le festival Quai des Bulles débute ce vendredi à 9 h 30 au palais du Grand Large de Saint-Malo et s'achèvera dimanche à 19 h. Des rencontres avec les centaines d'auteurs, des séances dédicaces et des expositions sont prévues et un espace sera réservé à la lecture. Une grande exposition sera dédiée aux 20 ans de la saga « Lanfeust », de Christophe Arleston et Didier Tarquin. Entrée : 7,50 € la journée et 13 € les deux jours. Gratuit pour les -12 ans.