Des cris de singes à Brocéliande

Camille Allain
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La station biologique abrite trois espèces. Ici un mone de Campbell.
La station biologique abrite trois espèces. Ici un mone de Campbell. — C. Allain / APEI / 20 Minutes


Terre de légendes, la forêt de Brocéliande est connue pour abriter des êtres magiques que l'on aperçoit à la nuit tombée. Dans cette forêt mystique, on peut aussi entendre de véritables cris de singes, en provenance de la station biologique de Paimpont. Cette antenne de l'université Rennes-I abrite depuis plus de quarante ans une importante colonie de primates. « C'est un couple de chercheurs de la station qui a ramené les premiers singes de ses voyages en Afrique. Ils prenaient soin des orphelins car ils étaient voués à la mort », raconte Catherine Blois-Heulin. A son arrivée au laboratoire il y a vingt ans, cette chercheuse de Rennes-I a décidé de ne garder que trois espèces pour améliorer la fiabilité des travaux. La colonie de mangabés à collier, cercopithèques de Brazza et mones de Campbell s'est alors étoffée et compte aujourd'hui quarante-huit individus. Un atout pour les scientifiques qui peuvent étudier les moyens de communication des primates sans avoir à traverser la Méditerranée. « Ce n'est pas toujours facile de suivre des singes en pleine forêt pour les enregistrer », sourit la scientifique. 



Jeux et observation



Depuis quarante ans, l'équipe de chercheurs a ainsi cumulé des dizaines d'heures d'enregistrement, jusqu'à découvrir que les singes pouvaient apprendre à parler. « On voit que leur vocalisation change en fonction de l'environnement. Ils avertissent de l'arrivée d'une panthère ou d'un autre danger », poursuit Catherine Blois-Heulin. A Paimpont, la colonie a ainsi développé un cri pour alerter de la présence de l'animalier qui les nourrit. Certains ont essayé de s'échapper mais ont vite été rattrapés. « Ils ne pourraient pas survivre en forêt. Il fait trop froid. » Ce week-end, dans le cadre de la fête des sciences (lire encadré), les chercheurs présenteront leurs travaux au grand public. « C'est l'occasion de rappeler que nous ne menons aucun test sur eux. Nous ne faisons que les observer et jouer avec », poursuit la scientifique. Zunie peut en témoigner. Née le 3 juillet 1987, la mangabé à collier est aujourd'hui la doyenne de la colonie.

■ Le public à la fête

La station biologique s'ouvre  au public pour la fête des sciences. Pour voir les singes, rendez-vous samedi à 16 h et dimanche à 11 h 30 et 16 h à Paimpont. Réservation conseillée au 02 99 61 81 50.