Des propos « très choquants »

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Les salariés de Gad avaient manifesté à Rennes le 7 octobre.
Les salariés de Gad avaient manifesté à Rennes le 7 octobre. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Emmanuel Macron ne s'est pas fait que des amis en Bretagne. Interrogé sur le pouvoir d'achat mercredi matin sur l'antenne d'Europe 1, le nouveau ministre de l'Economie a pris en exemple les employées de l'abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère) qui sont « pour beaucoup illettrées » et « qui n'ont pas le permis de conduire », d'où leurs difficultés à retrouver un emploi selon lui. Une sortie qui a fait bondir Olivier Le Bras, ancien délégué syndical FO. « Ces propos sont très blessants et choquants. Je ne sais pas d'ailleurs d'où viennent les chiffres qu'a sorti le ministre. Car la majorité des salariés sont des hommes et il n'y en a que très peu qui n'ont pas le permis », indique l'ancien syndicaliste.

Les excuses du ministre


« Ce n'est pas ça qui est le frein essentiel pour le retour à l'emploi. Le ministre a une mauvaise image du terrain et je l'invite d'ailleurs à venir nous rencontrer pour avoir une meilleure connaissance du dossier », poursuit Olivier Le Bras. Emmanuel Macron a tenté de faire retomber la polémique dans l'après-midi sur les bancs de l'Assemblée nationale. « Je formule mes excuses les plus plates à l'égard des salariés que j'ai pu blesser, que j'ai blessés », a-t-il indiqué, sous les huées d'une partie des députés de l'opposition. Le tribunal de commerce de Rennes a prononcé jeudi la liquidation judiciaire de Gad, qui emploie près de 900 personnes, avec une poursuite d'activité de trois mois. J. G.