Villejean parle désormais breton

Jérôme Gicquel

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«Degemar mat d'an holl ». C'est par ces mots de bienvenue qu'ont été accueillis mardi matin les onze enfants scolarisés dans la nouvelle école Diwan qui vient d'ouvrir à Villejean. Installé dans l'ancienne école primaire Kennedy, ce nouveau groupe scolaire va permettre de soulager un peu le site du Blosne, arrivé quasiment à saturation avec 145 élèves bretonnants accueillis en cette rentrée. « Le besoin d'une seconde école commençait à devenir urgent avec des effectifs en constante hausse depuis dix ans. C'est aussi beaucoup plus facile d'accès pour les parents qui habitent dans le nord de Rennes », indique Gwilherm Froc, président de Diwan Bro Roazhon. Pour le réseau associatif Diwan, l'ouverture d'une seconde classe témoigne aussi du dynamisme de la langue bretonne dans la capitale de région. « La demande pour le breton se porte bien à Rennes. C'est le signe que c'est une langue toujours bien vivante. Les parents qui inscrivent leurs enfants chez nous ne sont d'ailleurs pas tous bretonnants. Ils voient dans cette immersion un moyen pour leurs enfants de s'épanouir et de s'enraciner quelque part », poursuit Gwilherm Froc.

Une première pour Loeiza


A Villejean, l'enseignement sera assuré par Loeiza, qui a également connu ce mardi comme certains de ses élèves de deux à six ans sa première rentrée. « Avec les maternelles, on s'attache surtout les premiers jours au bien-être de l'enfant. On les aide à découvrir ce nouvel univers et à trouver leurs marques dans la classe », témoigne la jeune enseignante, qui a choisi d'exercer en breton « pour transmettre une langue» qui lui est « très chère ».

■ Un projet de collège Diwan dans les cartons

Diwan compte actuellement quatre écoles en Ille-et-Vilaine (deux à Rennes, une à la Mézière et une à Fougères). Devant cette montée des effectifs, les responsables du réseau associatif souhaiteraient la création d'un collège dans le département pour éviter que les élèves ne soient obligés de poursuivre leur scolarité à Plésidy (Côtes d'Armor) ou Vannes (Morbihan). « Il faudra que le projet soit lancé d'ici cinq ans », prévient Gwilherm Froc.