Meurtre d'Anne Caudal: L'ex-femme du meurtrier condamnée

JUSTICE L'ex-femme de Christophe Piedoux était jugée mardi pour dissimulation de preuves...

Camille Allain

— 

Des gendarmes devant le domicile d'Anne Caudal à Bruz, le 27 juillet 2011.
Des gendarmes devant le domicile d'Anne Caudal à Bruz, le 27 juillet 2011. — D. Meyer / AFP

Sophie Piedoux, l'ex-femme du meurtrier d'Anne Caudal, a été condamnée mardi soir à Rennes à trois ans de prison dont deux ferme. La mère de famille avait aidé son ancien compagnon à dissimuler le corps de la victime et à détruire des preuves de son crime.

Le 27 juillet 2011, le corps à moitié calciné d'Anne Caudal avait été retrouvé dans un bois près de Nouvoitou. La jeune femme de 28 ans, enceinte de trois mois, était morte trois semaines plus tôt, étranglée par Christophe Piedoux, son compagnon et père de l'enfant. Pendant plusieurs semaines, cet homme marié avait pourtant participé aux recherches en compagnie de la famille Caudal. C'est finalement son épouse Sophie Piedoux qui avait craqué après 14 heures d'interrogatoire et mené les gendarmes jusqu'au lieu où se trouvait le corps calciné. Elle venait d'apprendre la grossesse de l'amante de son mari. Le couple était alors placé en détention.

Mais c'est seule que Sophie Piedoux s'est présentée devant le tribunal correctionnel de Rennes (Ille-et-Vilaine) mardi, son mari s'étant suicidé dans sa cellule de Rennes-Vezin un mois après les faits. La veuve de 45 ans, mère de deux enfants, comparaissait mardi pour dissimulation de preuves et modification de l'état des lieux. «Il m'a dit que nous serions suspects et qu'il fallait faire disparaître les preuves. J'avais peur qu'il se fasse arrêter. J'avais peur pour les enfants», a plaidé cette ancienne sage-femme.

Un corps dans le coffre

Après avoir déplacé le corps d'Anne Caudal jusqu'à son domicile de Châteaugiron, le couple avait même été faire des courses avec ses deux enfants, le corps restant dans le coffre de la voiture. «J'étais sous le choc, j'étais prise dans l'engrenage», a-t-elle ajouté, en sanglots. Le tribunal lui reproche aussi d'avoir brûlé un drap et jeté un téléphone portable.

Devant la cour, Sophie Piedoux a expliqué qu'elle agissait sous l'influence de son mari, à la réputation pourtant volage. «Faux», a argumenté le procureur qui a fait valoir «le sang-froid» de l'accusée, avant de demander trois ans d'emprisonnement, peine maximale pour un tribunal correctionnel. « Elle n'avait pas conscience de ce qu'elle faisait. Elle voulait protéger sa famille et l'homme qu'elle aime. On ne doit pas la sanctionner par ce que l'auteur du crime n'est plus là », l'a défendue son avocat, Me Le Mintier. «Je ne suis pas là pour juger cette dame. Mais sans son implication, on aurait peut-être pu voir notre fille une dernière fois après sa mort», a lâché le père d'Anne Caudal, présent lors de l'audience. «Je regrette tout ce que j'ai fait», a fini par lâcher Sophie Piedoux.