Le galléco au petit trot

Jérôme Gicquel

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A Rennes, le Café Cortina fait partie des endroits qui acceptent le galléco.
A Rennes, le Café Cortina fait partie des endroits qui acceptent le galléco. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Lancé en grandes pompes devant la presse en septembre, le galléco est encore loin de supplanter l'euro dans les portefeuilles. En huit mois, cette monnaie locale et solidaire n'a séduit que 505 usagers à Redon, Fougères et dans le secteur de Rennes Centre, les trois territoires concernés par l'expérimentation. « C'est un projet qui met du temps à se diffuser. Ça peut être perçu comme une contrainte d'avoir une monnaie en plus, d'où le gros travail de sensibilisation que nous avons à mener », explique Anne Bruzac, directrice de l'association Galléco. « Il faut tout d'abord que les gens comprennent l'intérêt même d'une monnaie locale et ça c'est difficile », estime Philippe Derudder, spécialiste des monnaies complémentaires.

Un bilan en fin d'année


Gérant du restaurant l'Aromatik, situé rue de la Chalotais à Rennes, Yoann Monsimet fait partie des 145 entreprises « responsables » qui souscrivent à la démarche. Pour l'heure, très peu de ses clients règlent la note en galléco. « Un par semaine environ », indique-t-il. Le restaurateur reste toutefois convaincu de l'intérêt d'un tel projet. « Il n'y a pas juste l'aspect financier dans cette monnaie. Cela m'a permis de rencontrer des fournisseurs du coin qui partagent les mêmes valeurs et souhaitent réduire les circuits de distribution », estime Yoann Monsimet. On compte actuellement 21 400 gallécos en circulation. Un premier bilan de l'expérimentation sera tiré à la fin de l'année, avant peut-être l'implantation de cette monnaie sur d'autres territoires.