La Painstation veut faire mal

Camille Allain

— 

Les joueurs doivent laisser leur main sur la machine malgré la douleur.
Les joueurs doivent laisser leur main sur la machine malgré la douleur. — Gwendal Le Flem

La Painstation est de retour à Vern-sur-Seiche. Comme il y a trois ans, le festival Bouillants a demandé au collectif allemand Fur de lui prêter sa machine infernale. Cette « station de la douleur » en français est inspirée du célèbre jeu « Pong ». Mais cette version a la particularité de faire souffrir les deux joueurs, dont la main ne doit pas bouger de la machine malgré les coups de fouet, les brûlures et les décharges électriques subies. « Au départ, quand on présente l'œuvre au public, les gens n'y croient pas, ils pensent que l'on plaisante. L'idée, c'est de tester ses limites, de voir jusqu'où on est prêts à aller pour gagner », explique Sophie Batellier, coordinatrice de l'événement, qui avoue « ne pas vouloir y jouer ».

« Jusqu'où ils vont tenir »


Au milieu des autres œuvres moins cruelles, la Painstation se taille pourtant un joli succès. « Il y a toujours du monde pour jouer ou simplement à regarder. Les gens veulent essayer. Pas pour faire mal à l'autre, mais plutôt pour voir jusqu'où ils vont tenir », poursuit Ana Andrade, responsable de la médiation à Bouillants. Pour faire face à la demande, le collectif Fur a dû concevoir une dizaine de machines qui voyagent dans le monde. « C'est la première fois que nous programmons une œuvre deux fois. Avec notre thème du Je[u], il nous fallait la Painstation, c'était imparable », justifie Sophie Batellier. Installé dans l'ancienne laiterie de Vern, Bouillants continue d'explorer les arts numériques. Au risque, parfois, d'égratigner son public.